Où l’on peut passer de 4 à 7

Novéquilibres : Où l'on peut passer de 4 à 7 - laqvt.fr QVT Qualité de Vie au Travail
Dans le cadre de la prochaine semaine de la Qualité de Vie au Travail (17 au 21 juin 2019) qu’il organise, le réseau Anact-Aract lance une série de mini-sondages – #LaMinuteQVT – sur les réseaux sociaux. Les résultats du premier épisode ont été publiés à propos de la question « Qui est le mieux placé pour articuler performance et conditions de travail ? ». Voici ma réaction par rapport aux résultats et l’analyse qui en est faite par l’Anact

Les résultats

Il a été demandé dans ce sondage de choisir entre les acteurs suivants : employeurs, DRH, CSE, managers. Il était possible de répondre les 4. Apparaissent aussi en acteurs possibles, les salariés.

Les résultats sont les suivants :

  • 21,5 % ont considéré que les managers sont les mieux placés,
  • pour 17,5% des répondants, c’est  l’employeur,
  • pour 11,5% des répondants, c’est le CSE,
  • pour 8,5% des répondants, c’est le DRH,
  • pour 20% des répondants, ce sont les 4 acteurs ensemble cités précédemment
  • 17 % des répondants ont considéré que la réponse concernait aussi les salariés

L’analyse de l’Anact

Dans le point de vue donné par l’Anact, il y a centration sur les 4 premiers acteurs (employeurs, DRH, CSE, managers) avec mention faite aux salariés dans le rôle des managers qui « doivent pouvoir faire remonter les questions et les propositions de terrain et associer effectivement les salariés à la façon dont le travail est conçu ».

Dans le vidéo intégrée dans l’article, Julien Pelletier, Responsable de l’animation scientifique à l’Anact, illustre en quoi la QVT ne dépend pas seulement que de la fonction Ressources Humaines. Il prend l’exemple de la recherche d’une meilleure rentabilité qui est dirigée vers la diminution des coûts de matières premières. Il résulte que cette diminution des coûts a un effet négatif sur les salariés de la production et leur santé. En effet, ils sont contraints de répéter 3 fois le même geste pour compenser la dégradation de la matière première (impact en terme de TMS).  L’enseignement tiré par Julien Pelletier étant qu’il faut une articulation entre la décision économique, la dimension organisationnelle et les effets sur la santé des salariés. Le rôle du DRH étant de s’assurer de la mise en musique de cette articulation.

Notre point de vue sur l’articulation des responsabilités

Je veux aller plus loin que l’analyse de l’Anact qui va déjà dans le bon sens. Pour ce faire, je reprends l’illustration de Julien Pelletier.

Mon premier commentaire va en direction de la logique de baisse des coûts recherchée sur le poste Fournisseurs. La recherche du moins disant et une pression excessive sur les fournisseurs concernant les coûts et délais fait très souvent peser des risques pour la santé de salariés de l’organisation ET pour celle des salariés (travailleurs) des fournisseurs. L’emploi de l’expression « mettre la pression sur les fournisseurs » se banalise, et il faut le regretter. Une attitude responsable et globale invite à faire entrer dans la boucle les fournisseurs pour intégrer la question de l’impact de la QVT au sein de chaque partie prenante et les impacts sur la bien portance de chaque partie prenante. L’objectif est que la relation entre les parties prenantes relève d’une approche gagnant-gagnant. L’organisation étant souvent elle-même fournisseur pour des clients, il s’agit d’envisager une coopération avec les fournisseurs, les clients  et les partenaires. Nous sommes convaincus qu’il serait dommage de cloisonner la QVT entre les murs étroits de l’organisation.

Ma deuxième remarque reprend le résultat du sondage selon lequel 17% des répondants considèrent que le sujet concerne aussi les salariés. Nous promouvons sur laqvt.fr que non seulement l’organisation peut investir à son initiative des démarches participatives, mais aussi que l’amélioration de la QVT peut partir de l’initiative des salariés sur le terrain. C’est de citoyenneté dont nous parlons. Nous avons expliqué ce mouvement qui part de soi dans l’article Un mouvement d’amélioration de la QVT qui part de soi. Je redonne le schéma expliquant ce cheminement en conjugaison avec le mouvement descendant plus classique :

Sur le sujet de l’articulation, nous écrivons régulièrement sur laqvt.fr qu’un des enjeux de l’amélioration de la QVT dans les organisations est la juste articulation entre la responsabilité individuelle et les responsabilités collectives.

D’où le titre du présent article « Où l’on peut passer de 4 à 7 » : faire coopérer employeurs, managers, DRH, CSE, salariés, parties prenantes externes (fournisseurs, clients, partenaires) en intégrant un acteur à la fois virtuel et bien réel : la planète. 7 types d’acteurs pour agir sur la QVT et sur la bien portance des organisations.

La QVT doit s’entendre dans un cadre plus large : celui de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE). Ce qui va dans le sens d’une petite phrase qui nous semble être passée inaperçue dans l’article 1 de l‘ANI vers une politique d’amélioration de la QVT et de l’Egalité Professionnelle  » : « Elle est un des éléments constitutifs d’une
responsabilité sociale d’entreprise assumée ».

Olivier Hoeffel

Responsable éditorial de laqvt.fr Associé et responsable exécutif de Novéquilibres Associé de La Manufacture coopérative Auteur du blog lesverbesdubonheur.fr

4 pensées sur “Où l’on peut passer de 4 à 7

  • 15 mai 2019 à 10 h 45 min
    Permalink

    Merci Olivier pour cet article dont je partage tout à fait la teneur. Il rejoint une de mes remarques sur la formation des managers et me conforte dans l’idée que tant que l’on ne formera que les managers aux « bonnes pratiques » au management, on ne pourra voir de réelles avancées. Il faudrait, dans le même temps, et avec les mêmes messages, former les collaborateurs des managers pour qu’ensemble, ils s’accordent sur une nouvelle manière de travailler ensemble. A défaut et faute d’obtenir immédiatement la confiance des collaborateurs face à ses nouvelles pratiques, le manager va abandonner, voire même remettre en question le bien-fondé des messages délivrés en formation.
    Cordiales amitiés,
    Monique

    Répondre
  • 15 mai 2019 à 11 h 52 min
    Permalink

    Bonjour Monique. Je partage votre constat sur le management. J’ajoute une dimension oubliée des formations au management : prendre soin de soi, de sa propre QVT ET comment le collectif prend soin de toutes et tous, y compris les managers, les dirigeants … et comme je l’ai écrit dans l’article, les individus travaillant chez les parties prenantes externes. L’idée générale étant que la bien portance du collectif et des individus qui le composent ne se fasse pas au détriment de la bien portance des parties prenantes et de l’environnement.
    Cordiales amitiés.
    Olivier

    Répondre
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