Novéquilibres : Anti, sym ou em… pathique ?

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Olivier Hoeffel dans ses articles a largement traité des thèmes de bienveillance, d’attention, de compassion, d’altruisme, qui devraient faire partie de la vie et donc même du travail, ce qui me donne l’envie de rebondir sur celui de l’empathie, à ne pas confondre avec la sympathie et surtout pas avec celui de l’antipathie. Je ne veux pas dire qu’Olivier n’est pas sympa en n’ayant pas écrit d’article dessus, car il m’est très sympathique et que je n’ai aucune antipathie à son égard, surtout que dans ses écrits l’empathie transpire, évidente et sous-jacente.

La sympathie

Sympathie vient du grec syn qui veut dire « avec » et pathos pour « souffrance ».

Sa définition est un penchant naturel, spontané et chaleureux de quelqu’un vers une autre personne.

Quelqu’un qui nous est sympathique éveille en nous une forme de bienveillance sentimentale, et par exemple si j’aime les chats, ma collègue qui les aime va m’être très sympa par contagion émotionnelle. Si mon collègue a une allergie à cause des poils de chat et qu’il est sympa, je vais ressentir son mal être jusqu’à peut-être me gratter comme lui. Mais souffrir avec lui ne l’aidera pas plus que ça, si ce n’est qu’il appréciera peut-être que cela me touche.
Le risque est d’être pollué par une symbiose excessive qui ne laisse pas de place au recul nécessaire devant des situations difficiles à gérer. Offrir à un membre d’une équipe sa sympathie s’il est en difficulté ne sera pas très utile pour qu’il s’en sorte mieux. Éprouver le même état affectif qu’un ou une autre sans conserver la bonne distance entre soi et l’autre n’est pas constructif, mais peut faire du bien comme l’exemple du fou-rire contagieux quand la gaité est partagée par plusieurs.

L’antipathie

Antipathie vient du grec ancien antipatheia, pour « qui est de sentiment contraire ».

Sa définition est une aversion, répugnance naturelle et non raisonnée pour quelqu’un, pour quelque chose.

Quelqu’un qui nous est antipathique nous inspire un sentiment désagréable en raison d’émotions éprouvées face à un comportement, et par exemple si ma collègue n’aime pas les chats alors que je les apprécie, elle va m’être antipathique par réaction. Et même si elle m’aide dans mon travail, si elle est compétente, c’est pour moi celle qui n’aime pas les chats et je vais la trouver odieuse.
Le risque est là encore, le manque de recul, la réaction épidermique qui va m’empêcher de l’apprécier à sa juste valeur et de mieux travailler ensemble, de passer à côté de ses qualités et de l’importance de coopérer pour une meilleure qualité de vie au travail.
Puis les chats ne sont pas admis dans l’entreprise : pendant le temps passé au bureau c’est donc sans importance qu’elle ne les aime pas, et en dehors du bureau chacun fait ce qu’il veut.
Alors pourquoi s’irriter d’un problème qui est absent ? c’est une attitude pas sympa…

L’empathie

Empathie vient du grec empathès signifiant « affecté » et pathos pour « souffrance ».

Sa définition est la reconnaissance et la compréhension des sentiments et des émotions d’un autre individu.

Se mettre à la place de quelqu’un par empathie c’est être capable de se représenter l’état mental d’autrui sans y mettre de jugement. Par exemple si ma collègue n’aime pas les chats je vais essayer de comprendre son état d’esprit à ce sujet. Dans l’empathie il n’y a pas la contagion émotionnelle de la sympathie, et pas l’aversion par préjugé de l’antipathie. La personne empathique faite preuve de tolérance et n’hésite pas à se remettre en cause et revoir ses idées préconçues.
L’empathie est une capacité sociale précieuse basée sur la volonté d’être dans l’accueil, l’ouverture, la curiosité de la découverte de l’autre ou des autres, ce qui amène une communication constructive. Dans le contexte professionnel c’est une clé pour la qualité des relations et éviter ou régler les conflits et optimiser l’esprit de coopération qui permet d’avancer efficacement.

L’empathie est un levier de la Qualité de Vie au Travail.

L’antipasti

Antipasti est composé du préfixe anti et du mot pasto

Sa définition est hors-d’oeuvre composés de mets divers et variés composés de légumes, d’olives, charcuterie… servis avant les repas.

Cela n’a rien à voir avec la sympathie, l’antipathie et l’empathie, c’est juste que je m’égare et vous quitte pour en consommer car c’est bientôt l’heure du dîner, et que je compte m’empâter avec de sympathiques amis qui ne sont pas antipathiques et envers qui j’ai de l’empathie et je les vois affamés…

 

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2 commentaires

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  1. Hahaha, merci pour cette petite blague de fin. Je comprends maintenant la photo en tête d’article, qui ne m’était pas évidente au départ…

    Si j’ai bien compris ce que vous dites, la sympathie et l’antipathie relèvent d’une réaction naturelle vis-à-vis de quelqu’un, alors que l’empathie n’est pas dans la réaction mais dans la compréhension, d’où la distance. Est-ce un résumé correct ?

    Je vous rejoins sur l’importance de l’empathie en entreprise. Je pense que nombre des conflits interpersonnels sont liés à un manque d’empathie de l’une des deux personnes, voire des deux. Le manque d’empathie est même bloquant quand on essaye la méthode de résolution de conflit par la communication non violente (1/Faits 2/Sentiments 3/Besoin 4/Accord). Quand on s’exprime ainsi, certaines personnes répondent que notre besoin n’a pas lieu d’être, qu’il est « idiot », et qu’on devrait changer. Ces personnes manquent d’empathie, bloquent la résolution du conflit, et frustrent la personne, dont le besoin n’est toujours pas résolu. Or, tout besoins est légitime d’être écouté, même si on ne le ressent pas soi-même. Je pense qu’il y a donc vraiment quelque chose à faire pour aider tout collaborateur à développer son empathie.

    En revanche, je suis un peu perplexe et confuse face à votre définition de la sympathie. Pour moi, la « contagion émotionnelle » dont vous parlez relève justement de l’empathie. J’ai toujours considéré (peut-être à tort ?) qu’une personne empathique va être capable de comprendre, mais aussi de ressentir les émotions d’une autre personne. Par exemple, si on est empathique, on peut se mettre à pleurer devant la vidéo de quelqu’un qui revoit sa famille après des mois d’absence. Et pourtant, les personnes à l’écran ne nous sont pas sympathiques.

    J’ai l’impression qu’une personne peut nous paraître sympathique même si l’on n’a pas de centre d’intérêt commun, mais parce qu’elle dégage quelque chose qui nous met à l’aise et nous apporte quelque chose de positif.

    Mais je comprends ce que vous voulez dire sur l’attitude miroir (se gratter quand la personne qui nous est sympathique se gratte). J’ai entendu dire, dans le domaine du langage non verbal, qu’on peut reconnaître une personne qui est à l’aise avec une autre à son attitude : si elle a une attitude miroir lors d’une conversation (par exemple, elle croise les jambes quand l’autre croise les jambes, se tient la tête quand l’autre se tient la tête), c’est qu’elle se sent à l’aise avec la personne en face.

  2. Vous avez très bien compris la différence entre les 3 : sympathie, antipathie et empathie.
    Mais sur la sympathie, la contagion émotionnelle est un débordement non maîtrisé et non la compréhension des émotions d’une autre personne comme dans l’empathie. Et l’exemple que vous évoquez en est justement l’exemple avec des émotions qui submergent et noient (c’est le cas de le dire avec les larmes…) l’individu qui n’a plus de recul par rapport à la situation.
    La sympathie est positive mais pas toujours constructive et aidante.
    Et merci de votre commentaire riche et sympa, et vous me semblez être une personne empathique, ce qui est précieux au travail…

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