Novéquilibres : Conciliation pour les aidants
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Du bas âge de ses enfants au grand âge de ses parents, en passant par le handicap accidentel ou non d’un proche, la maladie brutale ou chronique d’une personne qu’on s’est engagé à aider, chaque salarié peut être confronté au casse-tête de la conciliation entre ses responsabilités professionnelles et sa qualité d’aidant, et ce quelle que soit sa place dans la hiérarchie. Comme le suggérait le colloque du 21 novembre 2013 organisé au CESE par l’ORSE et l’UNAF(*), la conciliation famille et travail nous concerne tous. 

 

Qui sont les aidants ?

8,3 millions de personnes en France aident un proche, pas nécessairement de la même famille, qui quel que soit son âge est plus ou moins dépendant d’une ou de plusieurs personnes pour les actes de la vie quotidienne, en raison de maladie grave, de handicap, de vieillissement. Parmi eux, 4 millions (1 actif sur 12) pratiquent une activité professionnelle.

La problématique des aidants a des liens avec celle de la parentalité, mais aussi des différences. Traditionnellement, la petite enfance confère aux parents salariés la reconnaissance de la difficulté à concilier le temps qu’ils doivent nécessairement partager avec les êtres en devenir. La société comme les entreprises ont d’ailleurs commencé à prendre des mesures qui cheminent avec l’idée de l’égalité entre les hommes et les femmes dans le cadre du travail. En principe, la dépendance des enfants à l’égard de leurs parents est vouée à s’atténuer, puis à disparaitre. En revanche, la dépendance d’un proche handicapé ou vieillissant se stabilisera ou s’aggravera au fur et à mesure du temps.

Et si la conciliation famille et travail nous concernait tous ?

Le colloque de novembre au CESE posait la bonne question.
Alors qu’on assiste à un allongement de la durée de la vie (**), à l’apparition de plus en plus fréquente de maladies chroniques ou liées au grand âge, et que l’âge de la retraite recule régulièrement, la problématique de la concilation des temps entre famille et travail pour les aidants devient de plus en plus prégnante dans les organisations. Nous sommes tous appelés à devenir aidant à un moment ou à un autre de notre vie.

Quelle conciliation ?

Un salarié aidant a besoin de se maintenir dans son activité professionnelle. C’est une soupape salutaire, financièrement et humainement nécessaire.

Le compromis temporel

Comme l’a souligné la sociologue Florence Loisil, une conciliation des temps à 100 % est impossible. Le compromis temporel nécessite une articulation du temps de travail avec le temps du marché, le temps de l’entreprise, le temps social, et le temps du.de la salarié.e(***). Pour être durables, les pistes préconisées doivent intervenir au niveau de l’organisation du travail, en se fondant sur les besoins des salarié.e.s aidant.e.s, et en prenant en compte les impacts sur le travail des managers et des autres salarié.e.s.

La dépendance d’un proche nécessite une organisation de tous les temps : celui des différents intervenants auprès da la personne dépendante, publics comme privés, habituels comme ponctuels, celui des co-aidants, etc. C’est une organisation à la fois serrée et mouvante, à plusieurs dimensions, apportant sa dose de stress et d’imprévisibilité, mais aussi de capacité à coordonner, à coopérer et à faire coopérer les différents acteurs en regard de leurs fonctions, rôles, compétences et personnalités respectives.

Les auxiliaires de vie, les infirmier.e.s, les médecins généralistes, spécialistes, professionnel.le.s paramédicaux.cales, ambulancier.ère.s, etc. doivent prendre en charge la personne dépendante dans l’état où elle se trouve, avec la délicatesse nécessaire au respect de sa dignité. Dans ce cadre, l’aidant.e est interrompu.e dans son activité professionnelle par appels téléphoniques plus ou moins intempestifs, jusqu’aux absences plus ou moins prolongées.

Le compromis humain

Dans son travail où il jongle déjà avec les parties prenantes de l’organisation, l’aidant.e doit conjuguer son métier avec la mission de coordinateur, de « presque professionnel » du soin, de soutien tous azimuts, sans oublier un important travail sur soi, plus ou moins progressif, et du recul sur le comportements humains. Il en acquiert une véritable expérience et un savoir humain qui peut être précieuse pour l’entreprise en terme de qualité de vie au travail, et donc de performance globale.

 

(*) CESE : Conseil Economique Social et Environnemental
ORSE : Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises
UNAF : Union Nationale des Associations Familiales

(**) En 2060, ferez-vous partie du tiers des français qui auront plus de 60 ans ? des 5 millions de français de plus de 85 ans ?

(***) Vous trouverez une illustration de ce compromis temporel dans le double article La vie en tranche 1 et 2

Montage utilisant la photo sous licence creative commons – auteur : Kate Tomlinson

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  1. […] Du bas âge de ses enfants au grand âge de ses parents, en passant par le handicap accidentel ou non d'un proche, la maladie brutale ou chronique d'une  […]

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