La QVT par essence … ça a un sens ?

Novéquilibres : La QVT par essence ... ça a un sens ?
Il est indéniable que certains modèles d’organisation, métiers, secteurs d’activité, … constituent un terreau plus favorable au développement de la Qualité de Vie au Travail (QVT). Mais le terreau est-il à lui seul garant de la QVT ?

Pourquoi cette question ?

A l’occasion de mes discussions sur la QVT, il m’est arrivé à plusieurs reprises d’entendre directement ou en creux des propos selon lesquels la QVT est d’évidence, ne constituant pas un sujet en soi parce qu’il se confond à la nature du modèle d’organisation, du métier, du secteur d’activité.

« Notre modèle est démocratique … », « Notre entreprise est familiale … », « Nous sommes dans le secteur associatif … », « notre métier a tellement de sens … », …
« … donc évidemment, la QVT est dans nos gènes. »

C’est bien évidemment une assertion un peu rapide qui n’assure pas d’un bon niveau de QVT des individus de l’organisation. J’y vois une potentielle réaction défensive pour ne pas aborder un sujet qui peut poser problème.

La QVT, c’est protéiforme

Admettons évidemment que certains terreaux sont plus favorables que d’autres pour un bon niveau de QVT.
Pour reprendre deux exemples précédents :

  • un fonctionnement démocratique permet aux salariés de donner leur avis, de co construire, de choisir, de se sentir plus acteur de leur destinée et de la destinée du collectif ; en ce sens, il participe positivement à la QVT. Maintenant, si par exemple la charge de travail est insoutenable, la QVT sera impactée négativement par ailleurs ;
  • un métier qui a du sens permet de s’investir et de s’engager pour quelque chose de plus grand que soi; là aussi, en ce sens, il participe positivement à la QVT. Maintenant, si l’ambiance de travail laisse à désirer avec les collègues, la QVT en sera dégradée.

Considérons donc que certains terreaux permettent de donner plus facilement satisfaction sur une ou plusieurs dimensions de la QVT. Mais du fait de son caractère protéiforme, la QVT ne peut pas être assimilée aux seules dimensions qui seraient induites par une configuration favorable. D’autres dimensions sont à prendre en compte, et les négliger peut conduire à des situations de souffrance au travail.

Les valeurs, entre affichage et réalité

Ce ne sont pas non plus les valeurs affichées qui sont les garantes de la QVT.
« Confiance », « Excellence managériale », « Esprit d’équipe », … vont fortement contribuer positivement à la QVT … à partir du moment où la pratique sera réelle et mise régulièrement en ajustement.
Inversement, s’il y a dissonance, l’effet sera contre-productif et la QVT sera impactée négativement.

La QVT, ça se cultive !

Que le terreau soit favorable ou qu’il le soit moins, la vérité, la réalité et l’efficacité, c’est que la QVT se cultive sans relâche, avec engagement, enthousiasme dans une approche appréciative, participative et gagnant-gagnant. Et ceci en juste conscience, en ne se réfugiant pas derrière des affichages, quels qu’ils soient.

Votre terreau est de la plus haute qualité ! Tant mieux, la culture en sera plus facile.
Mais attention, si vous oubliez de le cultiver, c’est bien le hasard des vents et de la météo qui décideront pour vous de ce qui sera à récolter … ou pas.

La QVT par essence … ça n’a vraiment pas de sens !

photo libre de droits

Olivier Hoeffel

Responsable éditorial de laqvt.fr Associé et responsable exécutif de Novéquilibres Associé de La Manufacture coopérative Auteur du blog lesverbesdubonheur.fr

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