Ne pas remettre la QVT à demain !

Novéquilibres : Ne pas remettre la QVT à demain !
Sourire aux lèvres, la procrastination vous prend par la main pour vous entrainer sur un chemin de moindre résistance (1) mais pas forcément vers plus de QVT.

Profondément humaine et partagée, la procrastination relève rarement de la seule paresse. Cette forme d’intolérance à la contrainte pousse à refuser d’accomplir une tâche. Sans réelle gravité quand il s’agit des tâches ménagères (et encore c’est à voir), la procrastination dans le monde professionnel devient douloureuse et nuisible à la qualité de vie au travail.

Procrastination au travail

Chez les perfectionnistes, le désir d’une perfection inaccessible est la mauvaise raison de reporter indéfiniment. En fonctionnant en tout ou rien, on se prive des opportunités d’apprentissage, d’échanges et d’amélioration auxquelles l’action donne accès.

D’autres déploient des trésors d’ingéniosité et d’énergie pour contourner la tâche. Dans son livre « La Procrastination » paru chez Autrement, John Perry décrit le temps passé à éviter comme source d’efficacité. Mais mille autres tâches utiles souvent, sont alibis toujours : la culpabilité anxieuse que génère l’évitement pollue ce gisement de productivité.

Pour jouir d’un présent sans contrainte ou par peur de n’être pas à la hauteur, on repousse la confrontation à une tâche dont « l’idée qu’on s’en fait  » finit par prendre les proportions démesurées d’une montagne. Cette pression, nécessaire à ceux qui n’agissent qu’in extremis, en bloque beaucoup d’autres. En paraphrasant la formule de Sénèque : « ce n’est parce que les choses sont difficiles que nous ne les faisons pas mais c’est parce que nous ne les faisons pas qu’elles sont difficiles », le non-fait pèse de tout son poids.

La liberté de reporter la contrainte

La procrastination c’est pourtant le luxe d’une liberté d’organisation dans son activité. Beaucoup de personnes exercent des professions sans cette latitude dans leur travail quotidien.

Comment jouir de cette liberté à bon escient ? Voici quelques idées :

  1. On connait la matrice d’Eisenhower (2), qui croise urgence et importance pour prioriser les tâches. Si vous avez tendance à différer certaines tâches, une donnée supplémentaire pourrait être leur difficulté évaluée selon votre barème personnel. Commencer par la plus difficile vous libérera du temps et l’esprit. Les tâches les plus faciles fournissent de très bons alibis pour éviter la contrainte redoutée.
  2. Si faire des listes aide à la gestion des tâches, cela n’empêche pas la procrastination. On peut trainer pendant des mois une queue de liste incompressible de tâches non faites, mais bien répertoriées comme « à faire » dans nos agendas et donc préoccupantes. Sont-elles réellement importantes ? toujours pertinentes ? L’actualisation de la liste s’impose.
    Pouvoir différer, c’est aussi choisir le bon moment pour agir. Le philosophe Alain pour qui « le secret de l’action s’est de s’y mettre » rend compte de l’importance de l’énergie d’activation. L’impulser au bon moment pour faire le lien entre son planning et ses actions balise le temps qui file à toute allure ! Concrétiser, c’est bon pour la QVT.
  3. Le soutien des autres qui nous accompagnent ou nous demandent des comptes est précieux. S’engager auprès d’eux, un carburateur de l’action !
  4. La tâche qui rebute peut être fractionnée ou incluse dans une activité plus aisée, à condition de ne pas l’y perdre de vue.
  5. Tentez de vivre la tâche : ne vous en débarrassez pas en vitesse mais goûtez-la. Cela ne prend pas plus de temps et c’est l’occasion de réaliser que finalement, appeler ce redoutable prospect c’est gratifiant.
  6. En toutes circonstances, restez bienveillant envers vous-même, avec le droit à l’erreur.

Agir ou ne pas agir, en conscience

Pour regagner la tranquillité et la confiance, appréciez la permission que vous vous accordez de sortir des rails pour musarder. Puis reprenez la tâche, en pleine conscience et en décidant pleinement de votre choix. Et gardez à l’esprit que ce qui parait difficile à l’un sera aisé pour un autre, en fonction des tempéraments et des expériences vécues : téléphoner, rédiger, analyser, synthétiser…. Voilà des sources intarissables de coopérations possibles !

(1) Chemins de moindre résistance, article d’Olivier Hoeffel, paru le 21 mai 2013

(2) La matrice d’Eisenhower est un outil d’analyse qui permet de classer les tâches à faire en fonction de leur urgence ainsi que de leur importance, grâce à un tableau à double entrée : axe horizontal : urgence des tâches, axe vertical : importance des tâches

photo sous licence creative commons – auteur : Craig Miles

Dominique Poisson

Dominique POISSON est consultante en nutrition, membre du comité éditorial de laqvt.fr, associée de Novéquilibres

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