Question d’état d’esprit

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Voici le commentaire que j’ai posté sur le site www.miroirsocial.com à l’invitation de Rodolphe Helderlé à réagir à son sujet de discussions <"Responsable mais pas coupable de l'individualisation ?". La question posée : le changement dans les entreprises dépend-il aussi de l'évolution des comportements de chacun ?

Sur cette question de mal-être, de souffrance au travail on renvoie souvent dos à dos deux types d’acteurs : le dirigeant et la salarié.

Ma conviction profonde est que cette logique de recherche de responsable … voire souvent de coupable … fige les postures et entraîne deux types d’effet :

  • l’inaction dès lors que le déni est prégnant
  • l’inefficacité des actions entreprises dans une forme de jeu de gagne terrain, d’autant plus quand les actions ne sont pas choisies mais subies du fait de pressions externes et/ou internes diverses.

Le changement des entreprises vers un rééquilibrage des fonctions (finances, production, commercial, RH, …) et un repositionnement de l’humain au coeur de l’organisation dépend à la fois de l’individuel et du collectif.

La santé en capital

Je pars du principe que l’homme est le capital premier de l’entreprise. La santé est le capital premier de l’individu. La préservation de la santé devrait être donc une dimension importante dans la stratégie et les pratiques de gestion des organisations.

La santé étant le capital premier de l’individu, il me semble que l’individu doit être le premier responsable de sa santé. Et si l’exigence de préservation de la santé et de la sécurité de l’individu par l’organisation est pour moi tout à fait naturelle et à rappeler chaque fois que nécessaire, il me semble tout aussi important que tout individu au travail se préoccupe de sa propre santé, de sa santé au travail et de manière plus générale de sa santé dans sa vie.

Il y a une tendance à noter de mon point de vue : certaines personnes « délèguent » la responsabilité de la préservation de la santé : à leur conjoint, à leur médecin, à leur entreprise, … Cette délégation est considérée sous l’angle d’un garde fou qui interviendra pour éviter le pire, voire pour réparer les dégâts liés à des comportements de vie sans considération des risques à la santé.

Dans le monde du travail existe un droit individuel ultime de prise en considération de sa propre santé : le droit de retrait. L’individu au travail peut quitter son poste de travail s’il considère que son travail présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.

Mais avant d’en arriver à cette extrémité, tout individu au travail pourrait considérer qu’il a le devoir pour lui-même de se comporter au travail en préservant sa santé et le devoir de demander des conditions de travail et des équipements de protection idoines. Je répète que c’est bien entendu l’obligation de l’employeur.

Coresponsabilité et coopération

Mais il serait sain et efficace que l’organisation et l’individu considèrent avoir une coresponsabilité sur ces sujets, en associant bien entendu toutes les autres parties prenantes : représentant du personnel, médecine du travail, préventeur, RH, …

Cette coresponsabilité au niveau de la santé, mais aussi sur d’autres sujets liés au travail : la qualité de vie au travail, la qualité du travail, la performance durable, l’organisation du travail, les processus, l’ergonomie du poste de travail, les conditions de travail, …

Aucun de ces champs ne devrait être la propriété (éventuellement exclusive) de tel ou tel, ou de telle ou telle fonction, ou de telle ou telle instance.

Je fonde personnellement beaucoup d’espoir dans le modèle ISO 26000 de responsabilité sociétale des organisations qui fonde les pratiques de gestion sur la co-élaboration des décisions avec les parties prenantes, ou a minima, la prise en compte des parties prenantes pour les décisions. Les parties prenantes étant non seulement les acteurs internes de l’organisation, mais aussi tous les acteurs externes : clients, usagers, fournisseurs, médecine du travail, partenaires, riverains, collectivités territoriales, …

C’est donc à mon sens une question préalable d’état d’esprit : la conjugaison de la responsabilité individuelle et de la coopération. Et cela dans une perspective d’efficacité en terme de démarche d’amélioration.

photo sous licence creative commons – auteur : energeticspell

Olivier Hoeffel

Responsable éditorial de laqvt.fr Associé et responsable exécutif de Novéquilibres Associé de La Manufacture coopérative Auteur du blog lesverbesdubonheur.fr

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