Novéquilibres : Singularité et Groupéité !

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Déjà dans l’article En octobre, au menu : on sort des moules ! j’ai évoqué l’importance de la différence pour enrichir le groupe, car si nous étions tous pareils nous ne serions pas bons à grand chose.
Pour aller plus loin, je pose les questions : cultiver sa singularité est elle compatible avec la groupéité ? La groupéité dans l’entreprise est-elle possible et bénéfique ? Je vais essayer d’y répondre en analysant les différents types de groupe, en démarrant sur une autre tonalité que dans mes articles précédents, l’actualité politique du moment me poussant à voir le verre à moitié vide plutôt que plein…

Le groupe contrôle

Dans le modèle idéal de l’entreprise, chaque salarié, chaque cadre est animé du même but, mettre ses compétences au service du groupe qu’est l’entreprise, l’entreprise reconnaissante récompensant alors chacun selon ses mérites et ses résultats par des augmentations de salaire et des promotions. Malheureusement, je ne pense pas que tous les salariés, et surtout au bout de quelques années de boite, soient dans cet esprit. Certains salariés cherchent au contraire à optimiser l’intérêt personnel comme le salaire, mais également la durée et la sécurité du travail. Lorsqu’il peut y prétendre, un salarié cherchera également à améliorer son statut, à monter dans la hiérarchie, bref à « faire carrière », et  parfois, il faut bien le reconnaître, en écrasant les autres.
Certains cadres dirigeants oublient leur rôle de responsable pour jouer le rôle de chef, en se focalisant non sur l’ensemble des salariés, mais sur les supérieurs à satisfaire et les egos à ménager. La rivalité des chefs dans l’entreprise est la conséquence directe de l’envie de domination, chacun désirant passer devant son voisin et gagner plus d’argent que lui, l’argent étant à ce niveau considéré plus comme un symbole de domination qu’un moyen économique. L’homme n’a pas fait beaucoup de progrès depuis ses origines et cherchera la plupart du temps à dominer, et il y a toujours dans l’entreprise des individus qui ne sont pas pour le bien du groupe, mais qui contrôlent pour leur bien personnel ou celui d’une minorité…

Le groupe mouton

Dans l’entreprise actuelle, le contexte est difficile, et la peur du chômage fait que beaucoup de salariés (pour l’être (salarié) et y rester) se rangent dans le moule et deviennent des petits moutons obéissants et manipulables à souhait, à mettre dans le groupe des dominés. L’idéal actuel étant même d’être le mouton à cinq pattes qui va répondre à une charge de travail faite pour deux ou trois moutons. Le mouton passe à la tonte régulièrement pour être comme les autres et quand il ne sert plus à la collectivité il va à l’abattoir pour passer ensuite à la casserole… plein de moutons attendent à la porte de rentrer dans le troupeau docile, prêt à passer de quatre pattes à cinq pattes pour se faire bien voir, et prêt à se faire tondre jusqu’à la moelle… ce genre de mouton a perdu de son instinct de survie.
C’est le fameux mouton de Panurge qui imite sans se poser de questions, qui suit aveuglément ce que fait le plus grand nombre quitte à aller droit dans le mur. Transposé dans le monde du travail, c’est l’individu qui fait ce qu’il voit faire sans aucune réflexion et libre arbitre. Le suiveur ne met pas de valeur et de sens dans ce qu’il fait et s’étiole petit à petit.
Quant au mouton récalcitrant, c’est l’employé qui est viré car considéré comme la brebis galeuse. Le mouton courageux c’est la personne qui va quitter le troupeau se sentant perçue comme la brebis galeuse, et c’est alors mieux vécu puisque le départ est volontaire, et que la capacité à trouver autre chose qui convient est présente. La personne ne s’est pas perdue de vue.

Le groupe mouton dynamique

Le troupeau a une connotation négative : masse informe, sédentarité, immobilisme, tous pareils, manque d’initiative etc…
Mais quand on prend le terme grégaire, puisque le mouton l’est, c’est à dire la tendance instinctive qui pousse des individus d’une même espèce à se rassembler et à adopter un même comportement, nous pouvons y voir beaucoup d’aspects positifs applicables à l’homme :

  • Limiter la solitude : travailler seul de temps à autres oui, mais tout le temps non, la stimulation est importante pour avancer et évoluer et les autres nous apprennent énormément avec la transmission, l’expérience, le savoir faire, les complémentarités…
  • Le besoin d’appartenance à un groupe fait partie de nos besoins les plus fondamentaux, par le regard de l’autre qui nous identifie comme pair. La marque de l’entreprise, les codes…
  • La reconnaissance au quotidien que nous avons développé dans nombre de nos articles suite à la publication de la 2ème édition de 10 gestes de reconnaissance au quotidien sur le blog lesverbesdubonheur.fr, que je ne développe pas ici puisque vous pouvez les lire dans nos textes.
  • La zone de confort puisque le groupe porte et que la sensation de sécurité du groupe rassure. La bienveillance est présente chez les moutons, puisque le mouton qui n’est pas bien est aidé par le troupeau solidaire qui l’entoure, et quand le mouton est au bout du rouleau il décide de s’isoler et les autres respectent sa décision (dure loi de la nature), mais il n’y est jamais obligé par les autres. C’est confortable le troupeau.

Singularité et groupéité

L’homme a la capacité, de par son intelligence et son libre arbitre, de sortir de ces schémas inscrits dans ses gènes, mais également transmis par notre culture de domination. Il lui suffit pour cela de s’arrêter quelques instants, de réfléchir et de se demander pourquoi il agit comme il le fait, et si c’est vraiment cela qu’il recherche. Prendre le temps de l’introspection et de reconsidérer la motivation personnelle et non rester dans le conformisme, le « Il faut … », dominant ou dominé. Ne pas rentrer dans un moule imposé par les autres, mais contribuer à une dynamique d’ensemble pour y apporter sa contribution en respectant ses valeurs, respect de soi et des autres pour que le groupe s’élève. 

Les danseurs professionnels contemporains connaissent cette synergie magique du danser ensemble, qui s’opère quand chacun le fait avec authenticité, et qui amène une justesse sécurisante pour le groupe qui porte chacun et que chacun porte.

La singularité est indispensable à la groupéité (groupe qui a les mêmes valeurs), et la groupéité est l’avenir du travail. La coopération permet de libérer l’intelligence collective, mais comme le groupe stimule, il est primordial de préserver la Qualité de Vie au Travail (QVT) et ailleurs d’ailleurs, la qualité de vie dans son ensemble…
Comme le mouton dans son troupeau, en coopérant, le travailleur peut contribuer à la dynamique de l’ensemble vers un même objectif d’équilibre pour tous.

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Photomontage utilisant un dessin de Marianne de Nayer

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