Novéquilibres : La QVT, ça fait partie de la performance économique

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Le 29 janvier dernier, le Club QVT fondé par EDF en 2009, l’ANACT et RDS (Réalités du Dialogue Sociale) ont invité de grandes entreprises à venir témoigner sur leur façon d’aborder la QVT (Qualité de Vie au Travail). Guillaume Pepy, Président de la SNCF est intervenu au cours de cette conférence. Il a présenté sa vision de la QVT sur laquelle nous avons décidé de nous arrêter.

Les propos de Guillaume Pepy …

A l’occasion de cette manifestation, Guillaume Pepy a été invité à donner sa vision de la QVT et la façon dont l’amélioration de la QVT est déployée au sein de la SNCF depuis plusieurs mois.

Dès le début de son intervention, Guillaume Pepy a présenté le positionnement de la QVT, tel qu’il le conçoit, par rapport aux enjeux de la SNCF. Voici ses propos, mot pour mot :

« La QVT, ça fait partie de la performance économique et non pas de la contre partie sociale de la politique économique de l’entreprise.
Autrement dit, ça fait partie de l’économique et pas du social. »

… et leur effet sur votre serviteur

Quand j’ai entendu ces quelques mots, je me suis dit intérieurement « Ouahhh, quel chemin parcouru ! ».

Et en quelques secondes se sont succédées dans ma tête toutes les petites phrases que j’ai pu entendre successivement pendant des années sur le stress au travail, la souffrance au travail, les RPS, le bien-être au travail et la qualité de vie au travail.

Il y a moins de dix ans, l’idée était encore bien ancrée que le stress au travail n’existait pas et que si les salariés pouvaient être stressés, ce n’était qu’une contagion de la sphère privée vers la sphère professionnelle.
Puis, il a été accepté dans les entreprises (au niveau le plus haut) que le stress pouvait trouver ses sources dans l’organisation du travail.

Les premières réactions de quelques entreprises ont été timides puisqu’elles se sont limitées à de la sensibilisation au stress.

Avec la montée en puissance du concept de RPS, le sujet est devenu un enjeu sociétal puis social, porté au niveau national par les partenaires sociaux et de nombreuses parties prenantes (ANACT, INRS, chercheurs, organismes de prévoyance, experts, Etat, Parlement, …).
Au sein des organisations qui se sont saisies de la question des RPS, la prévention des RPS était portée particulièrement par les CHSCT et les DRH. Travailler sur les RPS relevait plus du traitement social que de l’enjeu d’une performance durable.

Puis le concept de bien-être au travail a fait son apparition mettant un pied dans la dimension économique et un autre dans la dimension sociale. Seulement voilà, dans « bien-être au travail », il y a « bien-être », vous savez cette expression que beaucoup entendent comme cerise sur le gâteau.

Le concept de QVT introduit par l’ANACT il y a une petite dizaine d’années dans le cadre de l’organisation de la semaine annuelle de la qualité de vie au travail n’avait pas vraiment pris toute la place qu’il méritait.

Depuis sa constitution il y a plus de deux ans, l’équipe de Novéquilibres s’est engagée résolument dans la promotion du concept de QVT (notamment par la création de laqvt.fr) et d’un certain nombre de principes et d’actions pour le déploiement d’une démarche d’amélioration de la QVT.

L’accord national interprofessionnel sur la QVT en cours de négociation entre les partenaires sociaux sera très probablement le départ d’une nouvelle conception du travail dans les organisations et de la place de l’humain.

Quelles perspectives ?

Alors, en quoi les quelques mots de Guillaume Pepy ont-ils suscité ma réaction d’heureuse surprise : c’est la première fois que j’entends dans la bouche d’un dirigeant d’une grande organisation que …

… la qualité de vie au travail est à considérer en première intention de manière globale et en particulier en terme d’enjeu économique 

En terme de mise en oeuvre, je signale que la SNCF a inscrit comptablement les actions d’amélioration de la QVT en tant qu’investissement et non en tant que charge d’exploitation.

Je vous propose de franchir le tout petit pas suivant : la performance de l’organisation est conditionnée, entre autres, par le niveau de qualité de vie au travail.

Et si ce petit pas devait être réellement franchi par beaucoup de dirigeants, cela économiserait à toutes les parties prenantes une phase longue et complexe de démonstration scientifique prouvée, reprouvée, (voire encore plus, pour être bien sûr) de l’impact positif des démarches d’amélioration de la QVT sur la performance économique.

Alors, vive la QVT, moteur de la performance globale et durable, vive le travail et vive le bonheur au travail !

Retrouvez le compte-rendu de cette conférence publié par l’ANACT ainsi que des enregistrements vidéo d’interventions (donc celle de Guillaume Pepy).
 

Adapation d’une photo sous licence creative commons – auteur : Lincolnian

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