
La pandiculation, voilà bien un geste de convivialité que l’on peut s’autoriser et favoriser mutuellement. La pandiculation, au programme donc du mois de la convivialité.
Il est très mal perçu de pandiculer dans le monde du travail. Synonyme de paresse c’est une honte, un manque d’éducation, un acte irrespectueux vis-à-vis de la hiérarchie ou des collègues (qui en meurent d’envie…).
Et pourtant, qui n’y a pas pensé ? quand le travail est trop stressant, quand la charge est trop lourde, que l’ambiance est maussade et que vient l’envie de s’éclipser discrètement pour se le permettre et reprendre le boulot en pleine forme, ou en meilleur état.
Qui se l’autorise ? Peu de monde. La crainte est que le message reçu soit : je m’ennuie, ou j’en ai marre, ou encore j’ai envie d’aller me coucher, j’ai fait la nouba toute la nuit, je manque de sérieux…
Parfois l’éducation éloigne l’individu de ses besoins fondamentaux, et il est incongru de pandiculer, alors que c’est un état naturel ! C’est comme se moquer de quelqu’un qui marche sur ses pieds en pensant qu’il doit le faire sur la tête, ou d’un autre qui respire par le nez au lieu de le faire par les oreilles…
Les bébés, les petits enfants, la plupart des animaux pandiculent, ils ont moins de résistance, de bloqueur, de contrainte sociale et sont davantage en lien avec les rythmes physiologiques. Le comble est que lorsque l’animal de compagnie pandicule, le maître s’attendrit, se déstresse et se calme en prenant le temps de le voir faire, lui qui, tout au long de la journée, s’en est empêché. Mauvais calcul, car celui qui pandicule au travail rentre chez lui plus détendu, tranquille, de meilleure humeur, et, dans la journée, a été plus efficace et vigilant. Les bénéfices en sont multiples, tant pour l’entreprise que pour le salarié. Rentabilité, efficacité, moins d’absentéisme.
Quand par hasard quelqu’un pandicule spontanément, les voisins voisines sont contaminés et c’est comme une chaîne pandiculante qui s’anime. La pandiculation est communicative, fédère. Hélas, le tout s’interrompt quand un des participants est rattrapé par les croyances et se raidit, s’offusque, et casse cet élan positif. Tout le monde est alors gêné, frustré, et la cohésion du groupe s’en ressent. Si un rebelle ou un distrait continue seul, il risque d’être mis à l’écart par ceux qui se sont contenus.
C’est pourtant l’intelligence corporelle qui agit, plus fine que celle du mental bien souvent verrouillé, et lui permet de se libérer. Il suffit de laisser faire, de ne pas résister et de profiter pleinement de ce moment privilégié.
Si l’entourage, chef, collègue, partenaire, employé, famille, ami s’en étonne, se révolte, juge, il suffit d’expliquer que l’humain a besoin de pandiculer pour préserver l’intégrité fonctionnelle du système musculo-squelettique. Avec un simple mouvement qui consiste à étendre les bras en haut en renversant la tête, et le tronc en arrière tout en allongeant les jambes et en bâillant (première conférence internationale sur le bâillement à Paris en 2010). Action qui a pour fonction la maintenance et la restauration neuro-fonctionnelle en activant le contrôle du tonus musculaire et son feed-back proprioceptif.
Cela n’est pas rien, et pandiculer est tout sauf une perte de temps :
- prévention des troubles musculo-squelettiques. Les TMS représentent un grave problème de santé au travail partout dans le monde et touchent plusieurs millions de travailleurs en Europe ;
- restauration de la vigilance, puisque le bâillement la stimule. Paramètre de sécurité ;
- augmentation de l’empathie avec le phénomène de contagion, si quelqu’un commence, l’autre suit et le lien se crée…
Si vous voulez approfondir le sujet, allez sur le site du baillement.com.
Pandiculer 250 000 fois au cours d’une vie est normal. Pourquoi se faire du mal en allant contre sa nature la plus profonde ? Plus de crainte d’être mal vu, permettez-vous de le faire, de le vivre, de le déguster, d’en bénéficier et de le partager.
ALORS, OSEZ, OSEZ, OSEZ PANDICULER !
Retrouvez notre dossier sur le mois de la convivialité.
photo sous licence creative commons – auteur : xLazurite






Merci Caroline de nous entraîner dans cette contagion : après le bonheur au travail et la convivialité, nous voici donc maintenant à la pandicalution que l’on peut plus facilement oser et favoriser dans un milieu convivial.
Pour ma part, j’ai décidé de me synchroniser :
1/ avec mon chien
2/ avec toute personne en cours de pandiculation devant moi
Le top : pandiculer devant notre vidéo sur la convivialité : http://laqvt.fr/7-ingredients-essentiels-a-la-convivialite
PS : je veux bien essayer la position du monsieur sur la photo, mais j’ai peur de ne plus être en mesure de pouvoir commenter le moindre article pendant un moment.
En réponse, l’idée me vient d’un flash mob pour pandiculer tous en choeur, collègues, amis, familles, compagnons, compagnes, chiens, chats, hamster, ou lapins ?
Nous verrions la contagion positive se mettre en oeuvre pour remettre à sa juste place cette action ressourçante…
Je n’essaierai pas non plus la position du monsieur, encore moins sa tenue (les bottes en caoutchouc ne me vont pas du tout) mais je peux confirmer que, Jourdain de la pandiculation à la maison et au bureau, je pratique régulièrement l’étirement de ma petite personne.
Merci Caroline de me faire prendre conscience de ce que je réactivais ainsi parfaitement le contrôle de mon tonus musculaire mon feed-back proprioceptif.
Ça va me motiver plus encore à ne pas me retenir.
Point de retenu, c’est que le message est passé !
Merci de continuer…
Un bon tuyau pour la qualité de vie au travail des dentistes ;o)
Merci Céline, je n’y avais pas pensé !
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