QVT et démarche participative

Novéquilibres : QVT et démocratie participative
Récemment l’ANACT (Agence Nationale d’Amélioration des Conditions de Travail) a relayé sur son site les résultats d’une étude québécoise qui met en évidence tout l’intérêt des organisations à aborder l’innovation en combinant participation des salariés et partenariat social.
En considérant l’amélioration de la QVT comme une démarche d’innovation, voyons en quoi la participation des salariés contribue à l’efficacité d’une telle démarche.

Contexte

La QVT (Qualité de Vie au Travail) a le vent en poupe et nous l’avons évoqué à plusieurs reprises depuis quelques mois.

Le 29 janvier dernier, le Club QVT fondé par EDF en 2009, l’ANACT et RDS (Réalités du Dialogue Sociale) ont invité de grandes entreprises à venir témoigner sur leur façon d’aborder le sujet de la QVT.

La première table ronde s’intitulait « Comment organiser la transition des risques psychosociaux à la qualité de vie au travail ? ».

Démarche QVT Vs démarche RPS

En quoi peut-on différencier l’approche QVT par rapport à l’approche risques psychosociaux ?

  • l’approche QVT est en première intention plus positive que l’approche RPS qui aborde le travail sous l’angle des risques,
  • une démarche QVT, un peu à l’instar de la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises), fait entrer dans le cercle beaucoup plus de parties prenantes que pour une démarche RPS qui réunit essentiellement les acteurs concernés par la santé, la sécurité et les conditions de travail (RH, CHSCT, préventeurs, médecine du travail) ; un certain nombre de démarches RPS ne sont pas portées par le dirigeant qui y voit essentiellement une obligation réglementaire ou une obligation liée à des circonstances de crise psychosociale
  • le club QVT fondé par EDF a produit au printemps 2012 sept recommandations, dont la deuxième invite le dirigeant à porter la démarche QVT et à impliquer toute la ligne hiérarchique; la QVT devant être intégrée dans l’évaluation de la performance du dirigeant et de l’encadrement,
  • l’approche QVT se veut participative dans la mesure où elle implique les salariés sur le terrain ; c’est l’objet de la recommandation N°4 du club QVT qui insiste sur le fait que les salariés sont les experts de leur travail et que la démarche QVT se doit d’améliorer le quotidien de travail des salariés.

Sur cette dimension de participation des salariés, il y a bel et bien un enjeu d’innovation sociale dans les organisations puisqu’il s’agit de conjuguer intelligemment une démocratie représentative (le rôle des institutions représentatives du personnel) et une démocratie participative où chacun dans l’organisation peut avoir son mot à dire sur l’organisation de son travail et l’organisation en général.

Evidemment, la grande diversité des déclinaisons de la participation fait que le mot participation en soi ne veut pas dire grand chose. Une culture est manifestement à créer pour que la participation puisse être ample et ancrée dans le quotidien du travail.

Vertus d’une démarche participative

Quelles sont les vertus de la participation du plus grand nombre dans l’organisation à une démarche QVT ?

  • l’appropriation de la question de la QVT pour soi-même (y compris par le dirigeant, le comité de direction, la ligne hiérarchique) et de la compréhension de l’essentielle articulation entre responsabilité individuelle et responsabilité collective,
  • l’appropriation du concept de QVT, du champ de la QVT et des enjeux,
  • la reconnaissance du droit à un bon niveau de QVT pour tous,
  • l’amélioration du climat social,
  • les salariés reçoivent un signal fort sur l’intérêt que l’organisation leur prête,
  • c’est une source de motivation qui participe à un plus fort niveau d’engagement – sous réserve que les actions d’amélioration de la QVT soient effectives, sinon la démarche peut devenir contre-productive –
  • la capacité à faire émerger plus facilement les bonnes pratiques pour qu’elles puissent rayonner à l’intérieur de l’organisation (idée de contagion des bonnes pratiques),
  • l’ouverture du champ de l’expérimentation de pratiques innovantes localement, à partir du moment où des marges de manœuvre sont données au niveau local (6ème recommandation du Club QVT)
  • l’appropriation par toutes les parties prenantes d’un nouveau modèle qui a montré son efficacité en terme économique et social selon l’étude québécoise  : le modèle « démocratique« .

De notre point de vue, la participation doit être bel et bien inscrite dans l’ADN des démarches QVT.

Participons tous à l’amélioration de la QVT. C’est bien dans cet esprit que nous avons créé le site laqvt.fr afin que toutes les parties prenantes puissent s’investir sur cette question qui contribue au bonheur au travail.

Retrouvez les recommandations du club QVT dans le dossier très complet sur la QVT que l’ANACT a publié en juillet 2012 sur son site.

photo sous licence creative commons – auteur : laqvt.fr

Olivier Hoeffel

Responsable éditorial de laqvt.fr Associé et responsable exécutif de Novéquilibres Associé de La Manufacture coopérative Auteur du blog lesverbesdubonheur.fr

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