Novéquilibres : Vol au-dessus de la qualité de vie au travail

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Il est cinq heures … Paris est très éveillé. J’attends devant un café, je fais un pas à l’intérieur, je jette un regard circulaire. Non, il n’a pas l’air d’être là. Je me retourne pour regarder vers la rue et je tombe presque nez à nez sur un homme rayonnant qui m’apostrophe « Bonjour Olivier, avec la barbe ça doit me changer ».

Je vous confirme que ça le change, Jérôme. Dans mon souvenir, effectivement, il n’était pas barbu. Seulement autant, je pense être plutôt physionomiste, autant je ne suis pas sûr qu’avec barbe ou non, je l’aurais forcément reconnu si je l’avais croisé dans la rue.
Parce que pour tout dire, c’est la deuxième fois que je rencontre Jérôme. Et la première fois, ce fut bref. Mais j’y reviendrai.

Il ne se passe pas 30 secondes que Jérôme me propose de le tutoyer. Ce que j’accepte avec plaisir et naturel. Jérôme m’offre gentiment un chocolat. Pour lui ce sera un café, et nous voilà installés à une table, l’un en face de l’autre, mon dictaphone au beau milieu de la table.

Il est temps que je vous dise qui est Jérôme et à quelle occasion je l’ai rencontré la première fois.

Il y a quelques semaines, ma femme et moi étions assis dans les sièges de l’avion d’Air France qui nous ramenait d’Ajaccio vers Paris.
Jusque là, tout s’était déroulé comme d’habitude avec des conditions optimales puisque l’avion devait partir à l’heure, avec une prévision de beau temps sur le trajet.

L’annonce de la chef de cabine glisse sur moi en pleine lecture rapide du journal dont je m’escrimais à tourner les pages sans donner des coups de coude à ma voisine et néanmoins épouse. Tout un art qui me fait systématiquement arrêter l’exercice au bout de quatre ou cinq pages.
Et c’est au moment où j’étais en plein mouvement subtil de déploiement d’une page que mon attention est attirée par la voix, le ton et le contenu du message délivré par le haut-parleur. C’est le commandant de bord qui s’adresse à nous. Mieux, que cela, j’ai même l’impression qu’il s’adresse à moi personnellement, à ma femme personnellement et probablement à beaucoup d’autres personnes dans l’avion aussi personnellement :

« Bienvenue à bord. Nous allons partir dans quelques instants. C’est sans doute avec un petit pincement au coeur pour chacun d’entre nous que nous allons quitter ce lieu d’exception qu’est la Corse ».

Nous nous sommes regardé ma femme et moi et avons immédiatement convenu que ce commandant de bord nous avait joué une partition au registre particulièrement original et plaisant. Je remercie Jérôme de m’avoir reconstitué à peu près son message lors de notre deuxième rencontre car cela m’aurait embêté de mal vous le restituer de ma mémoire pas très performante.

Jérôme reprendra la parole à deux occasions, une fois pour faire partager aux passagers à droite de l’appareil le vue aérienne de Nice et Monaco et aux passagers à gauche la vue de Toulon, et une deuxième fois près de notre arrivée pour nous souhaiter un bon retour ou une bonne poursuite de voyage. Les deux fois pour un message que nous avons déjà entendu en d’autres occasions, mais l’intention nous a semblé vraiment différente. Nous avions l’impression que Jérôme était notre ami et qu’il voulait nous faire partager son plaisir de voler.

En pensant avant mon entretien avec Jérôme à l’article que je pourrais rédiger, je réfléchissais à la façon dont je pourrais décrire la particularité de sa communication qui nous a particulièrement marqué ma femme et moi. Et c’est grâce à Jérôme et aux mots prononcés lors de son entretien que je vais pouvoir vous la décrire :

« quand tu parles aux passagers, il faut qu’ils t’entendent sourire »

voilà ce que lui disait un commandant de bord maintenant à la retraite qui l’a beaucoup influencé dans sa pratique de la communication avec les passagers.
Et voilà tout : Jérôme a le sourire et ça s’entend. Il aime les gens, il les respecte, il est attentionné et tout cela s’entend.

Nous étions dans les dernières rangées de l’avion et c’est assez naturellement que nous sommes dans les derniers à sortir. J’ai prévenu ma femme que je comptais remercier le commandant de bord et lui proposer un entretien pour laqvt.fr
Sauf qu’arrivé à la porte du cockpit, c’est la chef de cabine qui nous salue, le commandant de bord étant encore à son poste de pilotage.

Pour ceux qui ont suivi mes pérégrinations sur la ligne 13 et une situation approchante, vous savez qu’elle s’est soldée par une grosse frustration.
Je décide de ne pas répéter une frustration et demande à la chef de cabine de transmettre ma carte de visite au pilote en chef de l’avion. Gentiment, elle lui remet la carte immédiatement et c’est là que je découvre Jérôme pour la première fois après qu’il se soit extirpé de son siège pour venir à notre rencontre. Un court instant pour le remercier et le féliciter. Je le vois à la fois étonné et content de ma réaction et en deux mots il accueille plutôt avec intérêt l’idée d’un entretien. Nous nous en sommes arrêtés là à ce stade.

Quelques échanges d’emails plus tard, nous nous retrouvons donc autour de cette table, un peu après 17 heures, où Jérôme va me parler de son métier et de sa QVT avec passion.

Retrouvez l’article dédié à la façon dont Jérôme conçoit la communication.

photo sous licence creative commons – auteur : JohnAtthane

Un commentaire

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  1. bravo au pilote et au journaliste

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