Compenser l’adaptation hédonique

Novéquilibres : Compenser l'adaptation hédonique au travail
J’ai évoqué dans un article du 17 janvier 2013 les impacts de l’adaptation hédonique sur le bonheur et la QVT. Je vous propose dans ce deuxième article quelques conseils pour essayer de compenser l’adaptation hédonique, en particulier pour les événements agréables.

En rappel, c’est quoi l’adaptation hédonique ?

C’est un mécanisme à deux versants :

  • face à un évènement agréable, c’est ce qui fait que le plaisir et le bonheur auquel on s’attendait ne vont pas perdurer longtemps et que nous revenons presque inexorablement à notre niveau de bonheur nominal (ligne de base).
  • face à un évènement désagréable, c’est ce qui fait qu’en moyenne, malgré cet évènement et les émotions négatives ressenties, nous nous mettons à ressentir à nouveau rapidement des émotions positives et que là aussi nous revenons à notre niveau de bonheur nominal.

Appréciation et gratitude à la rescousse

Avec l’accélération des rythmes au travail comme dans la vie en général, nous prenons de moins en moins de temps pour profiter des moments agréables et capitaliser ce qui pourrait l’être pour notre bonheur.
Les bons coups, les réussites des projets, les solutions trouvées à un problème épineux, les moments de convivialité, … passent de plus en plus inaperçus avec l’horloge qui tourne de plus en plus vite.
Et non seulement l’horloge est plus rapide, mais nous sommes confrontés à de plus en plus d’évènements, ce qui nous laisse que peu de temps pour nous arrêter sur chacun d’eux, voire même sur seulement quelques uns.

La course au temps ne joue pas pour notre bonheur

Nous sommes par ailleurs entraînés à gérer simultanément de plus en plus de tâches à la fois.

Compenser l’adaptation hédonique nécessite de nous arrêter sur les évènements pour deux actions en séquence :

  • apprécier le moment présent, le ressentir, éventuellement le partager; et puis l’ancrer, ce qui nous permettra aussi d’y revenir. Apprécier, nous permet d’éviter la banalisation des moments agréables et une potentielle fuite en avant
  • ressentir de la gratitude et exprimer de la reconnaissance si l’évènement agréable peut être attribué à quelqu’un. Cela nous permet de donner plus de poids à cet évènement. La reconnaissance renforce le lien avec autrui et inscrit aussi les évènements dans l’historique relationnel. Cet historique donnera matière à une remémoration et éventuellement, en partage avec les acteurs concernés, voire d’autres acteurs.

Compenser l’adaptation hédonique n’est pas de tout repos car il s’agit bel et bien de s’imposer et d’imposer de revenir à un rythme plus propice à la culture du bonheur au travail. Il est nécessaire également de s’écarter du chemin de moindre résistance, concept que je développerai dans un prochain article.

photo sous licence creative commons – auteur : Zach Dischner

Olivier Hoeffel

Responsable éditorial de laqvt.fr Associé et responsable exécutif de Novéquilibres Associé de La Manufacture coopérative Auteur du blog lesverbesdubonheur.fr

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