Novéquilibres : Impacts de l'adaptation hédonique sur le bonheur et la QVT

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Vous connaissez le proverbe « l’argent ne fait pas le bonheur ». Par ailleurs, dans un monde où la culture de la consommation est prédominante, on peut tous constater que la réalisation des désirs de consommation ne fait pas le bonheur. Dans la dimension du travail, on constate aussi que la réalisation d’une attente ne donne pas à terme le niveau de satisfaction que l’on avait prévu.
Coup de projecteur sur le mécanisme d’adaptation hédonique (ou hédoniste) qui impacte la Qualité de Vie au Travail, et plus généralement le bonheur.

Autant en emporte le vent

Imaginez un évènement agréable survenant dans votre vie. Peut-être l’avez-vous attendu longtemps, peut-être pas. Peut-être est-ce l’aboutissement d’un effort de votre part ou d’une dépense financière. Il est possible aussi que ce soit un don du ciel ou bien terrestre.
Bref, vous voici objectivement avec de quoi vous rendre heureux. Et manifestement, vous l’êtes, l’espace d’un fragment de seconde, de deux minutes, de deux heures, de 3 jours, d’un mois, …

Seulement voilà, l’adaptation hédonique vous a conduit à une habituation de ce contexte potentiellement plus agréable.Au bout d’un certain temps, votre niveau de bonheur va revenir à son niveau habituel, un peu à l’instar du poids, chacun revenant plus ou moins à son poids de forme.

L’adaptation hédonique, c’est un peu comme le vent qui effacerait des empreintes sur le sable.

Qu’est-ce qui favorise l’adaptation hédonique ?

  • Nous ne sommes jamais contents. Nous nous focalisons sur ce que nous n’avons pas. Une fois que nous avons que ce nous voulions … absolument … notre esprit va rapidement se mobiliser sur l’objet suivant de notre désir, laissant de côté celui qui vient d’être obtenu.
  • Nous avons souvent tendance à nous comparer avec celui qui a plus que nous, à l’envier et à obtenir voire dépasser ce qu’il a.
  • Du fait de la focalisation sur ce qui nous manque, nous avons tendance à surestimer les bénéfices attendus, voire à être dans le déni des inconvénients. Et donc une fois la chose acquise, elle a de fait moins de saveur qu’on l’avait imaginé.
  • Une absence ou un déficit de pratique de la gratitude amène à considérer les bienfaits de la vie comme des acquis.

Prenons quelques exemples qui pourraient vous parler :

  • Ca fait longtemps que je suis au chômage et je viens de signer un CDI. Je suis le plus heureux des hommes … pendant combien de temps ?
  • Je viens d’être nommé responsable de service. Je l’ai bien mérité. Il est possible que bientôt je commence à envisager l’échelon suivant ou alors que je me mette à découvrir les inconvénients de mon nouveau poste. Par ailleurs, les attraits que je voyais dans ce poste ne sont pas à la hauteur de mes espoirs.
  • J’ai un nouvel ordinateur sur mon bureau. Il est bien deux fois plus rapide que le précédent. C’est fantastique. Seulement, je m’apercevrai assez rapidement que ce n’est pas ça qui me fera sortir plus tôt le soir.
  • Ca fait 15 jours que je souffre le martyre avec mon mal de dos. Le jour où j’irai mieux, je vais profiter de la vie, c’est sûr ! Sauf que, quand ça ira mieux, je ne profiterai pas plus de la vie qu’avant.

Ils sont un peu déprimants mes exemples non ? Je vous accorde tout à fait que l’adaptation hédonique a un côté déprimant, voire désespérant si vous arrêtez là votre lecture de ce présent article.
D’autant plus que l’adapation hédonique est dans la nature humaine.
Le bon côté, c’est que si les exemples vous parlent et vous donnaient éventuellement de quoi culpabiliser, rassurez-vous, vous n’êtes pas les seuls, bien au contraire.

Alors, passons dès maintenant à une vision plus positive.

Un mécanisme à deux versants

Ce mécanisme peut avoir un effet positif. Il tient au fait que l’adaptation hédonique fonctionne aussi face à des évènements désagréables, difficiles voire traumatiques.

Et donc confrontés à un évènement qui donne l’impression de nous envoyer aux enfers pour l’éternité, en réalité, l’adaptation hédonique nous permet de nous habituer à la difficulté, de faire vivre des émotions positives à côté de nos émotions négatives et de retrouver plus ou moins rapidement notre niveau de bonheur nominal.

Novéquilibres : Graphique sur l'adaptation hédonique

En résumant, et statistiquement, les effets d’un bonheur sont aussi volatiles que les effets d’un malheur.
Bien entendu, chaque cas est particulier, chaque être humain a ses propres prédispositions et ses propres capacités à jouer ou à faire déjouer l’adaptation hédonique.

Dans un prochain article, je vous proposerai de voir en quoi individuellement et collectivement il est possible d’agir pour contrecarrer l’adaptation hédonique qui nous habitue aux conditions favorables.
Parce que l’adaptation hédonique, qui nous fait l’effet d’un soufflé qui retombe, n’est pas une fatalité. Nous pouvons par nos actions intentionnelles amenuiser ses effets négatifs.

photo sous licence creative commons – auteur : wildxplorer

3 commentaires

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  1. […] la vie de ce qu’elle nous offre. C’est le résultat du phénomène que l’on appelle « adaptation hédonique» : si par exemple je rêve d’une Porsche, je vais imaginer pendant longtemps comme je serai […]

  2. Si voulez comprendre ce qu’est l’adaptation hédoniste, voici un proverbe français pour résumer : “Morceau avalé n’a plus de goût.”

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