La conférence sur la bienveillance au travail du 9 nov 2012

Novéquilibres : Retour sur la conférence sur la bienveillance au travail du 9 novembre 2012
Vendredi dernier le 9 novembre 2012, la magazine Psychologies et le réseau Entrepreneurs d’avenir organisaient au CESE la conférence débat « Qu’est-ce qu’une entreprise bienveillante ? Les meilleurs pratiques au banc d’essai ».
Je vous propose quelques échos sur cette conférence et les réflexions qu’elle m’a inspirées.

Le contexte de cette conférence

Le magazine Psychologies a lancé une initiative l’année dernière intitulée « Appel à la bienveillance au travail » à l’attention du monde du travail. Plus de 300 organisations ont signé cette appel (dont Novéquilibres et laqvt.fr).
Une première conférence s’est déroulée le 9 novembre 2011 pour lancer cette initiative. Nous sommes revenus sur le déroulé de ce débat l’année dernière dans l’article Débat du 9 novembre 2011 sur la bienveillance au travail.

Un an après, le programme de la conférence visait à faire un point sur des initiatives prises en matière de bienveillance au travail et leurs impacts.

La bienveillance au travail, un an après

Signalons en préambule, que Arnaud de Saint Simon, Président de Psychologies a brièvement présenté les 4 piliers de la bienveillance au travail :

  • Améliorer le bien-être au travail.
  • Poser un cadre de travail.
  • Changer les comportements.
  • Partager la gouvernance.

Les différents intervenants ont proposé leurs témoignages par rapport à un ou plusieurs de ces piliers.

Voici quelques idées qui m’ont paru particulièrement intéressantes à la fois en terme de déclinaison de la bienveillance au travail et d’éléments contextuels pouvant la favoriser :

Frédéric Thil, DG France de Ferrero voit dans la bienveillance au travail un sujet stratégique car elle participe au bon climat social, sujet auquel s’intéressent de plus en plus les consommateurs (1). Cette dimension paraît un levier tout à fait intéressant pour les entreprises qui, à défaut d’une motivation humaniste, pourraient être incitées à s’intéresser à l’amélioration de la QVT, poussées par les clients.

Sylvie Bernard-Curie, DRH de KPMG a évoqué deux initiatives : une charte sur la conciliation vie privée – vie professionnelle et une liste de bonnes pratiques sur les comportements managériaux. Deux aspects ont attiré mon attention : d’une part, la co-construction de la liste de bonnes pratiques, en particulier construite avec les mots mêmes des personnes sondées en interne; d’autre part, l’intégration de ces deux documents à la fois dans les plans stratégiques de l’entreprise et dans le quotidien. Une initiative qui ne resterait donc pas au niveau de l’affichage.

Carlo d’Asaro, DG Europe de Google a eu à la fois la conscience et l’honnêteté intellectuelle d’exprimer un élément contextuel de taille : il est plus facile pour une entreprise en croissance d’investir le champ du bien-être au travail que pour celles qui seraient en décroissance. La responsabilité du manager de proximité a été évoquée et selon lui la promotion à l’intérieur de Google est favorisée pour les gens « qui se sentent bien dans leur tête »; peut-être une façon de se prémunir contre la mise en responsabilité d’un management par la pression ? 

Hervé Frapsauce, DG Délégué des assurances MMA a témoigné sur la mise en place du dispositif de codéveloppement professionnel (qui a fait l’objet d’un article Le groupe de codéveloppement professionnel au service de la QVT sur laqvt.fr). Ce ne sont pas moins de 400 cadres supérieurs qui participent à ce dispositif. Hervé Frapsauce nous a confié qu’il était capable de reconnaître dans les réunions par leur qualité d’écoute et de questionnement, les personnes engagées dans ce type de formation. Même si c’est déjà finalement un bienfait reconnu, il a tenu un discours rare pour un dirigeant sur l’importance qu’il accordait plus au chemin qu’à la destination. Les objectifs et l’évaluation quantitative ne sont pas au rendez-vous de cette mise en place de dispositif, une façon de considérer qu’on fait les choses parce qu’on pense qu’elles font du bien, sans en attendre de résultats précis et mesurables. J’ai beaucoup apprécié cette approche. A contre-courant de la logique de multiplication des indicateurs et des tableaux de bord.

Armand Caïazzo, associé fondateur de Human’s Partner a développé quant à lui les bienfaits de la reconnaissance du droit à l’erreur. Il s’est défini comme un « incohérent perfectible ». En tant que manager, il se veut être exemplaire et reconnaître ses erreurs. Ne pas prendre à bras le corps ce sujet du droit à l’erreur conduit à 2 tendances délétères : soit le déni, soit la stigmatisation qui passe par la recherche DU coupable.

Jacques De Heere, PDG de la coopérative ACOME a présenté en quoi la forme de gouvernance induite par le modèle coopératif participe au développement de la bienveillance au travail. Je précise que le conseil d’administration d’une SCOP est nommé par ses associés qui sont les salariés de la SCOP, et ceci selon le principe 1 homme = 1 voix.

Henri Lachmann, Président du conseil de surveillance de Schneider Electric et co-auteur du rapport « Bien-être et efficacité au travail » a clos les interventions en mettant en perspective la bienveillance au travail par rapport à l’idée générale selon laquelle l’entreprise doit être un lieu de vie où savoir-être et savoir-vivre ont toute leur place. Et de ce point de vue, l’exemplarité et l’impulsion doivent venir en premier lieu des Conseils d’Administration. Il est par ailleurs allé au delà du droit à l’erreur évoqué par Armand Caïazzo, évoquant, lui, le droit à l’échec.

Petit aparté sur la congruence

Il m’arrive fréquemment de poser la question de la congruence aux acteurs qui œuvrent sur les champs de la Qualité de Vie au Travail. Je dois dire qu’en l’occurrence, le magazine Psychologies est allé au devant de ma question, puisque son Président a consacré  l’édito du numéro de Novembre 2012 à cette question de la congruence. En effet, il nous informe que la rédaction a rencontré une situation de tensions en son sein. Il nous livre un court témoignage sur la façon dont la rédaction et son dirigeant ont travaillé sur la bienveillance au travail.
Une initiative que je tenais à mettre en éclairage sur laqvt.fr.

(1) concept de consom’acteur

 
photo sous licence creative commons – auteur : novequilibres

Olivier Hoeffel

Responsable éditorial de laqvt.fr Associé et responsable exécutif de Novéquilibres Associé de La Manufacture coopérative Auteur du blog lesverbesdubonheur.fr

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