Novéquilibres : La déconnect attitude : ne pas déranger, je suis occupé !

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Dans le cadre de son initiative la déconnect attitude, laqvt.fr vous propose un nouvel article pour explorer la déconnect attitude au quotidien du travail, au coeur du travail : comment ne pas se laisser interrompre et distraire en pleine activité.

Je m’apprête à rédiger cet article. Petite question : combien de fois pourrais-je m’interrompre dans sa rédaction si je me donnais l’autorisation d’être dérangé par … ? et excusez moi à la fois du peu et de ne pas vous épargner la liste suivante :

  • mon téléphone fixe,
  • les appels de mon téléphone mobile,
  • les SMS de mon téléphone mobile,
  • les emails arrivant sur mon ordinateur (voire sur mon smartphone),
  • une sollicitation d’un de mes contacts sur Skype (ou autres messageries instantanées)
  • les personnes à proximité qui s’activent et susciteraient probablement de ma part observation (dans le sens premier du terme) voire interaction; interaction qui pourrait bien venir d’elles par ailleurs,
  • mon chien qui a envie de jouer, faire ses besoins, ou tout autre demande visant à me rappeler qu’il est un animal de compagnie et qu’il attend aussi que je sois de bonne compagnie pour lui,
  • les choses très intéressantes qui se déroulent derrière ma fenêtre,
  • des pensées sur le passé ou l’avenir,
  • l’envie de me dégourdir les jambes,

Alors, je vous annonce tout de suite en direct live que j’étais au milieu de mon énumération quand une première interruption a eu lieu. Mais peut-on refuser une interruption à la femme de sa vie ? Chacun fera son choix. En l’occurrence je ne l’ai pas refusé, mais ce n’est pas toujours le cas. La preuve c’est que je viens de refuser une deuxième interruption à la même femme de ma vie (je n’en ai qu’une et je m’en félicite, car plus m’aurait ajouté d’autant plus de causes possibles d’interruption).

Le sujet de mon article est donc de visiter l’idée de déconnect attitude quand on se trouve en pleine activité.

Interruptionssssssssssssssssssssssssssssssssssssss

Si je ne prête pas attention aux causes possibles d’interruption et si je ne me cadre pas, mon activité qui pourrait être réalisée d’un seul trait avec une mobilisation optimale de ma concentration peut devenir morcelée avec des pertes de concentration du fait des interruptions et une perte d’efficacité dans la mesure où chaque interruption va nécessiter de ma part un temps pour me replonger dans mon activité.
Par exemple, l’interruption pour une lecture d’email a été évaluée par des études : il faut environ 60 secondes pour se remettre dans le contexte, une fois la prise en charge de l’email effectuée.

Ce qu’il faut prendre en compte dans cette prise de conscience, c’est non seulement le nombre d’interruptions, mais aussi le temps de l’interruption et le mécanisme d’engrenage amplifié par l’usage d’internet.

Prenons un exemple :

  • je reçois un email
  • c’est une lettre d’informations d’un organisme dont je suis l’activité; fort naturellement je clique sur le lien qui me permet de découvrir la page correspondante …
  • … qui recèle plein de liens vers d’autres pages …
  • … qui elles-mêmes renvoient vers d’autres …
  • … qui elles-mêmes utilisent des concepts que je ne connais pas, ce qui me pousse à consulter la page wikipédia …
  • … qui forcément renvoie sur des concepts proches; comme j’ai envie d’en savoir plus, je vais réaliser une recherche sur un moteur de recherche …
  • … qui va me restituer une liste de liens que je vais explorer,

et une heure après j’y suis encore. Le pire étant que, lorsque je sature de mon surf et finis par sortir ma planche de l’eau, je ne me rappelle même plus quelle était la motivation première de mon interruption.

Ca ne m’arrivera pas aujourd’hui, car j’ai pris la décision de ne pas lire mes emails pendant mon activité. Le plus efficace étant de fermer l’application de gestion des emails, ce que j’ai fait avant d’écrire mon article. Quand à mon smartphone, j’ai supprimé les alertes emails quelques semaines après l’avoir acquis, et je ne peux plus être dérangé sans le décider moi-même.

Pour l’instant, donc bonne nouvelle, j’ai la fierté du moment d’avoir limité le nombre d’interruptions à 1.

Continuons dans cette voie …

Conséquences d’une habitude aux interruptions

Parlons un peu de neuroplasticité du cerveau et des habitudes (mauvaises, bonnes, ou indéterminées). Le cerveau de l’être humain a une appétence particulière pour les automatismes et les habitudes. Pourquoi ? Parce que cela lui permet de fonctionner un peu en roue libre dans un mode d’économie d’énergie.

Vous vous mettez à vous interrompre pour un oui ou pour un non ? Si vous n’y prêtez pas garde, votre cerveau va créer une nouvelle habitude : celle de vous interrompre tout le temps quelle qu’en soit la cause. Et par la même, votre cerveau va se reconfigurer avec la nouvelle habitude selon les mécanismes de neuroplasticité.
Et s’il n’y a pas de cause ? Je vous rassure tout de suite, vous allez vous en créer une tout seul : l’envie de vous lever, d’aller boire un verre d’eau, de consulter la météo, de donner un coup de fil, …

Est-ce que Google nous rend idiot ?
Nicolas Care.

L’écrivain Nicolas Care dans un article intitulé Is Google making us stupid ? (traduction française)… a fait le constat pour lui-même (partagé avec plusieurs de ses connaissances) que sa capacité de concentration avait fortement diminué avec un impact sur des activités telles que la lecture : il a constaté qu’il n’avait plus la capacité de rester concentré sur la lecture au delà de quelques pages. L’article de Nicolas Care est un excellent test en soi sur votre capacité à la concentration : si vous éprouvez de la difficulté à le lire entièrement en une seule fois, il est possible que vous soyez victime du « mal » qu’il décrit dans son article.

Conclusion de mon propos : acceptez donc d’être interrompu à tout va, et vous finirez par vous interrompre vous-même par manque de concentration. C’est un peu le principe du zapping appliqué au travail, avec les conséquences évoquées par Nicolas Care.

Je suis bien embêté avec tout ça car en vous mettant des liens dans mon article je participe à la création de zapping.

Interruption N°2 : je suis prié de donner ma chemise pour compléter une lessive. Je finirai donc mon article torse nu et avec une bosse sur le front pour avoir été maladroit en me levant pour enlever ma chemise, concentré que j’étais sur mon article. Il n’est vraiment pas bon de vouloir faire deux choses en même temps, mais c’est un autre sujet.

La déconnect attitude renvoie à une articulation entre responsabilité individuelle et responsabilité collective. Pour cette question de la gestion des interruptions pendant que l’on est engagé dans une activité, il faut aussi s’interroger sur le comment de l’articulation entre sa propre responsabilité avec celle du collectif. Il s’agit aussi de s’entendre dans sa relation avec les autres sur le fait qu’on a le droit de se réserver des espaces de temps où on ne veut pas être dérangé.

Quelques conseils pratiques

  • Evaluez votre propre capacité à résister aux interruptions, les bénéfices (réactivité, acquisition de connaissances, …) et les inconvénients (sentiment d’inefficacité, faible capacité de concentration, manque de disponibilité réelle à l’écoute, …) à accepter les interruptions
  • Déterminez des classes d’activité et le niveau d’interruption que vous acceptez pour chacune d’elle.
  • Tenez un journal pendant quelques jours pour analyser l’écart entre les décisions de gestion de votre temps et la réalité; offrez-vous de la reconnaissance par vous-mêmes sur vos progrès.
  • Communiquez sur vos éventuels changements d’habitude et cherchez des partenaires pour partager ces nouvelles habitudes.
  • Tenez-bon et acceptez avec bienveillance vos écarts car changer d’habitudes n’est jamais facile.

Vous pouvez à nouveau me déranger car j’ai fini mon article avec 2 interruptions à mon compteur. Ce n’est pas si mal.

photo sous licence creative commons – auteur : Novéquilibres et Justin Shearer

4 commentaires

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  1. Des partenaires pour s’exercer à se taire ensemble… idéal.

    Je préfère n’opposer aucune résistance, rester ouvert à tout mais apprendre à ne pas réagir (à moins d’urgence).
    Un peu comme pendant la sieste.
    La sieste peut-elle devenir un outil de perfectionnement?
    (c’est un raccourci mais je suis sérieux).

  2. Merci Bernard pour votre commentaire.
    Si on apprend à ne pas être dérangé pendant la sieste, voilà une bonne façon aussi d’apprendre à gérer les interruptions sur les activités de travail.
    J’aime bien votre raccourci.

    Olivier Hoeffel

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