Moins vite pour plus de QVT


Le manque de temps et l’accélération des rythmes constituent à la fois un frein puissant à l’amélioration de la Qualité de Vie au Travail (QVT) et un facteur de dégradation de cette même QVT.

Les mouvements Slow promeuvent non seulement la lenteur mais aussi la décélération des rythmes. Il est important de distinguer ces deux dimensions car si on assimile le « slow » à la lenteur, il est clair qu’un certain nombre de personnes vont réagir de manière urticante.

Bien qu’il ne s’agisse pas pour moi de nier l’intérêt d’intégrer de la lenteur dans notre vie, y compris au travail (et je m’y emploie pour ma propre vie), je veux éclairer la deuxième dimension : celle de la décélération.

Ca veut dire quoi « moins vite ? ». Je vois trois sens différents :

  • réduire la vitesse : il nous arrive d’aller trop vite dans ce qu’on fait car la charge de travail et les objectifs mettent la pression; aller trop vite, fait prendre des risques sur la qualité et met en danger la fierté du travail bien fait
  • aller vite moins souvent : il ne me semble pas anormal d’aller vite quand les circonstances le nécessitent; mais il est nécessaire que les rythmes sur une période donnée permettent d’alterner les moments rapides, les moments moins rapides et les moments de récupération; dès lors que l’urgence devient la norme, les moments rapides s’imposent et les autres temps tendent à se rétrécir, entraînant de la fatigue physique et mentale.
  • aller vite moins longtemps : l’idée est proche de la précédente : si les moments de récupération ne sont pas suffisants et que les moments rapides durent trop longtemps, c’est un facteur de risque pour la QVT.

Sur laqvt.fr, nous sommes à l’origine de deux initiatives pour interroger et agir sur cette question :

  • le temps sur la table : pour inviter à agir de manière collective et coopérative; il s’agit en effet de ne pas laisser l’individu seul dans son sentiment d’impuissance face au manque de temps, sachant qu’on va bien au-delà de cas isolés
  • la déconnect attitude : nous renvoyons ici à la conjugaison d’un droit et d’un devoir; le droit à la déconnexion porté par le Professeur Jean-Emmanuel Ray – droit consacré dans le récent projet d’accord-cadre de la QVT dans la Fonction Publique – et le devoir de déconnexion qui adresse la responsabilité individuelle. La déconnect attitude participe à l’idée du moins vite dans la mesure où nous nous précipitons trop facilement sur nos terminaux mobiles faisant de chaque sollicitation numérique une urgence.

 

Olivier Hoeffel

Responsable éditorial de laqvt.fr Associé et responsable exécutif de Novéquilibres Associé de La Manufacture coopérative Auteur du blog lesverbesdubonheur.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.