OMS et burn-out : chaud puis froid et tiède

Novéquilibres : Actualité en bref de la qualité de vie au travail

photo sous licence creative commons – auteur : Martin Deutsch

Lundi dernier 27 mai 2019, de nombreux médias sur internet ont relayé qu’à l’occasion de sa 72ème Assemblée l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé)  a annoncé avoir révisé son classement international des maladies (CIM-11) pour y inclure le burn-out (épuisement professionnel).

Certains médias ont malicieusement rappelé, qu’encore récemment, la  ministre du travail et la ministre de la santé, de concert, avaient botté en touche sur la question de la reconnaissance en maladie professionnelle du burn-out du fait qu’il n’est pas considéré comme une maladie par l’OMS. Bien que l’application de la CIM-11 ait été annoncée pour janvier 2022, certains y ont vu l’espoir que la position du gouvernement, des assemblées et des représentants patronaux puisse évoluer de ce fait. Notamment laqvt.fr qui voit dans la reconnaissance des affections psychiques, leurs traitements et la prévention des RPS une priorité à mener de front avec la promotion de la Qualité de Vie au Travail (QVT), l’implication du consommateur à travers ses choix de consommation et la modification du code civil pour ajouter les dimensions social et environnement dans l’objet social de l’entreprise (cf article publié sur miroirsocial.com Faut-il être au fond du trou psychiquement pour espérer voir sa souffrance au travail reconnue ?)

Seulement, mardi 28 mai 2018, le département Communication de l’OMS a rectifié le tir. laqvt.fr s’est adressé à cette instance pour demander des éclaircissements afin d’assurer ses lecteurs d’une information la plus fiable possible. La voici extraite du document qui nous a été retourné, et d’abord la principale information à retenir sur l’évolution de la position de l’OMS par rapport au burnout :

« Ce syndrome figurait déjà dans la CIM-10, dans la même catégorie que dans la CIM-11, mais la définition est aujourd’hui plus détaillée. »

Donc, pour l’OMS, le burn-out reste un syndrome et n’est pas entré dans la catégorie « maladie ».

Puisque précision a été donnée, la voici, extraite du même document :

« Le burn-out, ou épuisement professionnel, est un syndrome conceptualisé comme résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été correctement géré. Trois dimensions le caractérisent :

  • un sentiment de manque d’énergie ou d’épuisement ;
  • un retrait vis-à-vis du travail ou des sentiments de négativisme ou de cynisme liés au travail  ;
  • une perte d’efficacité professionnelle.

Le terme de burn-out ou d’épuisement professionnel désigne spécifiquement des phénomènes relatifs au contexte professionnel et ne doit pas être utilisé pour décrire des expériences dans d’autres domaines de la vie. »

A  noter donc que le burn-out est un terme qui doit être réservé à la sphère professionnelle (d’où l’emploi de la traduction d’épuisement « professionnel »). Cela répond certainement à une tendance à l’utilisation du terme pour d’autres sphères de vie.

Par ailleurs, et c’est ce qui constitue la partie tiède de la présente brève, L’OMS annonce dans le document être « sur le point d’entreprendre un travail sur l’élaboration de lignes directrices fondées sur des bases factuelles concernant la santé mentale sur le lieu de travail ».

burn-out humour laqvt.fr Qualité de Vie au Travail QVT OMS
burn-out humour laqvt.fr Qualité de Vie au Travail QVT OMS

Olivier Hoeffel

Responsable éditorial de laqvt.fr Associé et responsable exécutif de Novéquilibres Associé de La Manufacture coopérative Auteur du blog lesverbesdubonheur.fr

5 pensées sur “OMS et burn-out : chaud puis froid et tiède

  • 1 juin 2019 à 15 h 27 min
    Permalink

    Bonjour Olivier,
    Une fois n’est pas coutume, mais j’aurais sur le burn-out une position plus nuancée que vous. Je vois dans l’épuisement énergétique d’une personne une origine souvent multifactorielle et certains facteurs contributifs sont étrangers à l’univers professionnel. A partir de là, j’estime que l’entreprise a une grande responsabilité dans le mal-être au travail de ses collaborateurs (quel qu’en soit le degré) et que c’est sur ce mal-être et ses sources qu’elle devrait avoir à répondre (sans attendre que ce mal-être se traduise par des manifestations majeures). Ce serait reconnaitre, dans la vie de tous les jours la dimension humaine trop souvent absente de l’objet social de l’entreprise. Quand fera-t-on de l’ajout d’une dimension sociale dans l’objet social de l’entreprise une obligation légale ? Au vu de l’état du monde, il y a du chemin à parcourir…
    Cordiales amitiés,
    Monique

    Répondre
  • 1 juin 2019 à 19 h 39 min
    Permalink

    Bonjour Monique,
    Je vous remercie pour votre point de vue que je partage complètement et l’ajout que vous évoquez fait partie des 4 mouvements dont j’appelle à la conjugaison dans mon article dans miroirsocial.com de l’époque; entre temps, j’en ai ajouté un 5ème : celui de faire entrer plus nettement la démocratie (participative et contributive) dans les organisations (cf article http://laqvt.fr/nous-parlons-de-qvt/)

    Et je suis donc tellement d’accord avec vos propos que je ne vois pas bien en réalité la différence de position entre celle que vous mentionnez et les quelques éléments de position que je donne dans cette brève dont une grande partie est très factuelle, à savoir le relais de la position de l’OMS. Et je me demande s’il ne s’agit pas d’une nuance par rapport à la position de l’OMS plutôt que par rapport à la mienne et celle de laqvt.fr (simple curiosité de ma part).

    Cordiales amitiés

    Répondre
  • Ping :Épuisement au travail - La souffrance au travail | Pearltrees

  • 5 juin 2019 à 10 h 40 min
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    Bonjour Olivier,

    Je prends seulement aujourd’hui connaissance de votre message; faute avouée à demi pardonnée ?
    Je partage votre remarque : c’est plus à l’OMS que s’adresse ma remarque qu’à vous (bien sûr !) et c’est abusivement que j’ai fait l’amalgame entre les propos de l’OMS et les vôtres propres.

    Cordiales amitiés,
    Monique

    Répondre
  • 6 juin 2019 à 14 h 48 min
    Permalink

    Bonjour Monique. Merci beaucoup pour votre précision et pour avoir répondu à ma curiosité et lever ainsi mon doute de compréhension.
    Cordiales amitiés.
    Olivier

    Répondre

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