Novéquilibres : Cinecitta

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Que les choses soient tout à fait claires dès le départ :

Le titre de cet article n’est en aucun cas une tentative de buzz sur un potentiel effet résultant de la seule vue d’une des rédactrices phare de laqvt.fr, mais compte tenu que :

  • La ville présente dans l’expression native est « Naples » et qu’une partie du décor de l’article d’aujourd’hui se situe à Rome, ce qui n’est pas très loin,
  • le sens de cette expression colle tout à fait au message contenu dans cet article,
  • j’ai vu Caroline pas plus tard qu’il y a quelques jours et je me porte très bien,
  • j’écris ce que je veux dans mon article,

NB : Avis au comité éditorial : le titre ne changera pas.

Bref, revenons à nos moutons.
Je ne suis pas de ces comédiens qui aiment à se gargariser de leur gloire passée, genre « j’ai donné la réplique (=j’ai tenu la porte) à Jean-Paul Belmondo », mais il y a une petite phrase que j’aime parfois lancer en société, quand on me demande avec qui j’ai travaillé :

J’ai tourné avec Federico Fellini.

Mouche.
(pour peu que l’assistance soit cinéphile et pas trop jeune, sinon le scud prend des allures de pétard mouillé, hélas !)

Avant de m’ensevelir sous les reproches et de m’accuser de péché d’orgueil et de vanité caractérisé,
laisser moi vous narrer l’anecdote que je narre ensuite, afin que vous compreniez ce qu’est la VRAIE flèche (et donc la VRAIE cible)

Donc, l’anecdote je vous la fais en résumé pour arriver à mes fins en moins de 500 lignes :
(si vous voulez les détails, invitez-moi donc à dîner !)

Hiver 1989.
Suite à un échange de fax entre mon agent et la production du film (vous vous rappelez, le fax ? avant le mail !)
et sans aucun détail sur mon rôle, sur mon texte ni sur le scénario,
je pars 2 jours à Rome (mon A/R Orly-Rome/Rome-Orly l’atteste)
pour tourner dans le prochain (et qui sera le dernier) film du maestro (que je ne vais pas trop nommer, histoire de ne pas gonfler le référencement de l’article sur ce mot-clef… porce miseria… traiter le maestro de « mot-clef »…)

Résultat des courses :
J’ai passé 1H dans le décor d’une minuscule pièce,
avec 1 caméra, 2 techniciens et le maestro,
j’ai dit une phrase (8 mots exactement)
le maestro est très gentil, très détendu, pas impressionnant pour un sou (l’apanage des grands ?),
on la refait, quelques variantes, il est satisfait…
Clap de fin.

Comment tourner avec Fellini et ne pas l’avoir vu passer.
Débrouille-toi avec ça.
Il y a bien quelques anecdotes sur ces 48h à Rome,
de la potentielle matière première pour broder et raconter ce séjour.
Mais professionnellement,
sur mon travail d’acteur, (j’étais-là pour ça, non ?)
rien.
Juste un nom glorieux que j’avais le droit désormais d’ajouter sur une ligne de mon cv.
That’s all folks.

Attention, que les choses soient claires :
je n’ai aucune aigreur et je sais reconnaître la valeur inestimable de cette aventure,
mais s’agit-il d’une étape-clef de mon parcours professionnel ?

En guise de conclusion à cette histoire romaine
et au cœur du message de cet article,
voilà ce que j’en dit :

Tourner avec Fellini, c’est bien,
tourner avec Fellini et s’appeler Marcello Mastrionani, c’est mieux.

A lire dans le sens où le métier d’acteur prend selon moi tout son sens
quand il s’exerce dans le cadre d’une rencontre, d’une alchimie artistique,
qui produit de belles et grandes choses (indépendamment de la célébrité et de la médiatisation);
les paillettes, les étoiles, ça n’existe pas.

photo sous licence creative commons – auteur : CassiaA

3 commentaires

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  1. Je me réjouis de n’avoir tué personne, en particulier toi Eric, pour lire tes articles à venir !

  2. S’appeler Fellini, c’est bien,
    s’appeler Fellini et tourner avec Eric Averlant, c’est mieux.

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