Novéquilibres : Coopération et confiance

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Comme l’évoque Olivier Hoeffel dans son article à propos de la confiance, cette question reste un tabou dans les organisations. Les responsables comme les acteurs eux-mêmes en parlent peu, sinon sous forme d’injonction implicite, d’évidence. Or, elle n’est pas si évidente à ressentir, alors même qu’elle est capitale pour instaurer de la coopération dans le travail.

Propension naturelle à la confiance

Tout d’abord, individuellement nous sommes inégalement capables d’accorder notre confiance aisément. Notre vécu professionnel et personnel a peut-être laissé des traces, qu’il convient autant que faire se peut, de repérer pour être en mesure au moins d’en tenir compte, au mieux de les effacer.

Le contexte de travail

D’autre part, la compétence n’est pas statique. En solo, chacun de nous apprend en travaillant. Travailler, c’est faire l’expérience de situations réelles par rapport aux quelques cas d’école appris en théorie, par rapport aux tâches présupposées, prévues, prescrites. De plus, chacun a une façon singulière de cheminer pour accéder à un résultat. Dans l’exercice du travail, chacun utilise et crée des moyens, des ressources nécessaires pour atteindre son objectif de travail : pistes, tentatives, gestes, raisonnements, abandon, construction d’une autre piste, choix, décisions. Il peut arriver que le processus s’écarte sensiblement des solutions couramment envisagées en théorie ou dans les procédures. Nous prenons donc constamment des risques. De plus, il y a toujours un moment où nous devons confronter notre travail aux autres. Et face à nos collègues, nos supérieurs, nos clients, nous avons à assumer ces choix, les défendre mais aussi les remettre en question. Un climat de confiance permet de se concentrer sur l’objectif sans dommages humains collatéraux.

Pistes pour la confiance au travail

La bienveillance, la tolérance ou droit à l’erreur et la reconnaissance émanant du collectif créent ce climat de confiance. Pour travailler en coopération, il est nécessaire qu’il y ait une grande connivence et/ou une grande confiance entre les membres de l’équipe, que chacun partage la vision de ce qu’il a à faire et comment sa part de travail s’inscrit dans l’oeuvre collective.

s’entendre

Il faut donc s’entendre, au sens figuré, et donc au sens propre (le corps et les sens ont toujours un rôle capital à jouer dans le travail quel qu’il soit). Et ce, pour déterminer, distribuer et articuler les différentes productions, jusqu’à un dernier raccord qui conférera sa cohérence au travail collectif. Les accords, articulations et raccords sont plus ou moins anodins pour un collectif qui partage la même façon de travailler, et où règne une reconnaissance du travail de l’autre.

accorder ses violons

Néanmoins, les situations réelles de travail impliquent par définition des imprévus, et nécessitent donc toujours des ajustements par rapport aux habitudes, jusqu’à de la créativité, de l’invention, de l’innovation. A plusieurs, il faut accorder ses violons. Et qui dit accorder dit se mettre en situation volontaire de débattre. Etre curieux, ouvert. Demander. Communiquer. Informer. S’informer. Expliquer. Discuter. Convaincre. Se laisser convaincre. Adopter le point de vue de l’autre. Abandonner le sien… La part de travail qui n’a pas été retenu dans le résultat final a néanmoins été utile, même s’il reste invisible au bout du compte. Il fait partie des moyens qu’il est nécessaire d’engager pour pouvoir aboutir au résultat. Quand nous travaillons en solo, nous faisons ces choix instinctivement puisque nous sommes l’unique décideur de la cohérence de notre production, et l’invisibilité externe de nos efforts transitionnels n’a pas d’importance, alors qu’en collectif, nous sommes sous le regard de l’autre. Des autres. Et nous préférons paraître sous notre meilleur jour plutôt que de nous sentir vulnérables (pourtant, quel pouvoir procure la capacité à assumer sa vulnérabilité : à l’occasion, écoutez ou réécoutez à ce sujet l’exposé de Brene Brown).

co-construire la confiance

La confiance fait partie des sentiments. Le collectif (l’organisation, les autres, moi-même) détient la responsabilité de tenter d’offrir les conditions adéquates pour qu’il puisse s’y développer. Dans une coopération réussie, la notion de pouvoir s’efface au profit de celle d’autorité collective. Une autorité basée sur un savoir co-construit. Une co-construction indétachable d’une certaine solidarité. La confiance permet de prendre des risques sans crainte de se voir diminué. Elle fournit le climat propice au travail en [bonne] coopération, qui lui-même inscrira davantage de confiance entre les membres du collectif.

Articulation responsabilité individuelle et collective

L’organisation a donc la responsabilité d’ériger officiellement la coopération comme une valeur essentielle, en instaurant des modes d’évaluation collective des compétences.

Quant à la responsabilité individuelle, pour continuer à nous impliquer, ensemble, nous avons besoin de confiance mutuelle : Que pensez-vous de la phrase suivante, sachant que le « Je », c’est vous mais aussi celui dont vous souhaitez la coopération ? Lorsque je coopère, je suis en situation de dévoiler mes idées géniales, mes techniques, mon savoir faire, ce qui constitue ma valeur ajoutée, mais peut-être aussi mes errances, mes essais plus ou moins fructueux, voire mes échecs. Pour assumer et continuer à m’impliquer, j’ai besoin d’être confiant.

 

Qui veut travailler avec moi ? Je suis merveilleusement imparfaite, vous pouvez me faire confiance !

 

photo sous licence creative commons – auteur : Lars Plougmann

Un commentaire

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  1. […] ? Quel est le résultat de cette défiance ? La confiance est une question d’état d’esprit. Coopération et confiance. Comme l’évoque Olivier Hoeffel dans son article à propos de la confiance, cette question reste […]

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