Novéquilibres : Coworking, tiers-lieux et convivialité - Entreprise & Convivialité
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Le 28 mars dernier, l’association Entreprise & Convivialité organisait sa 22ème convention sur le thème : « Coworking, tiers-lieux et convivialité ». Retour sur quelques idées marquantes qu’ont relevées pour vous nos envoyés spéciaux et conviviaux Dominique Poisson et Olivier Hoeffel.

Cette 22ème convention a été fort bien accueillie par les Yachts de Paris dans un endroit particulièrement convivial : la barge Liberty. La convivialité, c’est une question de lieu, certes, mais c’est aussi une question de chaleur humaine et elle était bien au rendez-vous.

De quoi parle-t-on ?

Un tiers-lieu professionnel est un lieu où l’on passe tout ou partie de son temps de travail mais qui n’est ni son domicile ni son bureau.
Les tiers-lieux se composent de trois formes de lieux (avec indication du nombre de lieux recensé par Zevillage.net en 2012) :

  • les télécentres : des salariés travaillent à distance du lieu où se trouve le local hébergeant habituellement l’entreprise à laquelle ils appartiennent (57),
  • les centres d’affaires : les travailleurs indépendants peuvent y héberger tout ou partie de leur temps, recevoir des clients (435)
  • les espaces de coworking : (100, probablement 150 en 2014)

Il existe aussi des tiers-lieux non professionnels : les cafés wifi, lobby d’hôtel, …

Xavier de Mazenod, éditeur du site zevillage.net et Bruno Martin associé de l’espace La Poudrière à Nancy, co auteur du Manifeste des tiers lieux ont apporté leurs expertises au débat mené par Philippe Détrie, Délégué Général de l’association, enrichi des témoignages balayant la vaste gamme des possibilités nouvelles qu’offrent ces nouveaux lieux d’effervescence professionnelle et d’efficacité collective.

Le monde du travail fait face à des attentes nouvelles, qui sont des facteurs importants de Qualité de Vie au Travail (QVT). Quelles sont-elles ?

  • Travailler à distance,
  • près de chez soi,
  • mais également partout,
  • pas seul,
  • quand on en a besoin (travail à distance),
  • avec un meilleur rapport vie privée/vie professionnelle.

Cela marque une tendance à se libérer des rigidités de l’entreprise, des contraintes de plus en plus inhumaines des transports, des horaires imposés et ceci en bénéficiant des facilités offertes par les NTIC.

Au télétravail, il n’y a plus d’obstacles techniques, légaux (loi de 2012) ni sociaux. Les réticences sont culturelles, les managers hésitent encore par souci de sécurité et de confidentialité mais la vague déferle de ce changement total de la notion d’encadrement.

Des retours d’expériences sur le coworking

Les espaces de coworking, qui ont le vent en poupe, conjuguent accès libre, décontraction, chaleur humaine et efficacité studieuse. Françoise Réfabert, fondatrice de Vesta Conseil & Finance, venue du secteur de la Banque avoue qu’elle n’aurait pas pu créer son activité avec autant de succès sans le cadre bienveillant de la Ruche, dont les valeurs sociétales sont en congruence avec son entreprise de financement de la transition énergétique.

Les indépendants constituent la majorité des coworkers (62%) qui trouvent ensemble fluidité et convivialité. La Mutinerie, espace de coworking parisien présenté par son cofondateur Antoine van den Broek a pour slogan : « libres ensemble ». Les salariés sont plus timides à s’afficher dans ces espaces, mais représentent quand même 38% des personnes concernées.
L’aménagement des lieux combine le coin café pour l’accueil, l’échange, la pollinisation et l’espace de travail où règne un calme propice à la concentration et à la production.

La diversification des métiers hébergés et des prestations offertes – l’expertise numérique notamment – dont Marie-Hélène Féron témoigne pour La Fonderie (agence numérique d’IDF), viennent garantir l’efficacité collective et la réussite du lieu lui-même.

Avec Bruno Martin, on aborde une vraie philosophie politique du travail en communauté apprenante où l’intelligence collective fertilise l’innovation sociale, dans une démarche permanente d’apprentissage partagé.
On comprend la mise en garde faite aux travailleurs nomades de ne pas trop travailler, c’est-à-dire de trouver la force de se déconnecter, tant son enthousiasme est contagieux ! Je vous renvoie à notre initiative la déconnect attitude.

Les difficultés existent. Comment gérer la croissance de son entreprise dans ces espaces, comment se structurer ? Comment manager ? Avec quelle fiabilité des échanges ?

Pour Antoine van den Broek, le travail se fait de plus en plus par agrégation de compétences autour de projets pour lesquels on choisit ses collègues. Il voit l’espace de La Mutinerie comme une « machine à lancer les dés », à créer du réseau et des idées.

Et cette machine intrigue et intéresse les grandes entreprises. En témoigne Philippe Passelaigue qui s’est inspiré de la Mutinerie pour créer un espace de coworking chez Orange afin libérer les échanges entre les cadres. L’entreprise où la QVT favorise la convivialité, l’agilité et la performance ?

Cette convention été ponctuée d’impertinences et de pertinences illustrées par le dessinateur humoristique « en direct » Éric Grelet qui a apporté sa propre touche de convivialité. A noter qu’au delà des ponctuations humoristiques, et grâce à sa connexion à internet, il a également assuré la projection au fil de l’eau des différents sites internet mentionnés tout au long de cette matinée; un double plus que nous voulions saluer. Un grand merci à lui pour le dessin qui illustre ce présent article.

 

Dessin réalisé en direct par Eric Grelet le 28 mars 2014 à l’occasion de la 22ème convention de Entreprise & Convivialité

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