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Le plaisir contribue à la qualité de vie au travail, tout en garantissant des performances durables. Comment ? Vous le découvrirez dans cet article qui présente différents types de motivations, mettant en lumière les avantages des motivations liées au « plaisir de faire »

« Si tu veux réussir, donne toi du mal ! si ça ne marche pas essaye encore. »

Je n’ai jamais compris pourquoi je devrais me donner du mal pour réussir. J’ai toujours eu une vision idéaliste de la réussite : simple, naturelle et par-dessus tout, basée sur le plaisir.

Le plaisir n’a pas une bonne réputation. En général, nous nous méfions du plaisir. Soit nous pensons que nous avons perdu le droit au plaisir en perdant le jardin d’Eden. Ou bien, nous opposons le principe de plaisir au principe de réalité. Mais le plaisir n’engendre pas la réussite. En résumé, il faut souffrir pour réussir.

Pour prouver que ma vision idéaliste est fondée j’en ai fait la base de mon métier de consultante en coaching et formation. Ma devise «Devenez performant en vous faisant plaisir » de prime abord choque les oreilles des dirigeants, c’est pourquoi je vous dois quelques explications.

Le plaisir est le meilleur levier de la motivation, par opposition à la récompense. Difficile à croire ? Voyons les théories de Jacques Fradin sur la motivation (1). Selon lui, la motivation se construit dès le début de la vie, à partir des mécanismes de survie de l’individu. Nos motivations primaires seraient créées dans les premiers mois de la vie. Ce processus laisserait une empreinte neurologique, comme un « kit de survie » idéal. Ce processus inconscient serait ensuite remplacé par les motivations secondaires, conditionnées par le résultat, la récompense ou la reconnaissance.

Pour illustrer les motivations primaires et secondaires j’ai recours à mon exemple préféré : mon ami Jean-Marc adore le repassage.

Motivation primaire : le repassage lui procure tellement de plaisir qu’il repasse même si ce n’est pas nécessaire. Il repasse quand il est stressé pour se remonter le moral. C’est le processus du repassage qui le motive. Il excelle au repassage et ce faisant il ne ressent aucune fatigue.

Motivation secondaire n°1 : Jean Marc adore la vue de ses chemises fraîchement repassées. Il repasse parce qu’il le faut bien et personne ne le fait mieux que lui. Il est motivé par le résultat et le sens du devoir.

Motivation secondaire n°2 : Jean Marc déteste le linge fripé, il a horreur des personnes négligées, il repasse parce qu’il ne peut pas supporter la vue d’un vêtement froissé. Il est motivé par l’aversion du contraire de ce qu’il aime.
Selon vous, laquelle de ces trois motivations est la plus efficace ? C’est la motivation primaire, bien sûr, quand plaisir et efficacité se conjuguent. C’est pourtant la motivation secondaire qui est souvent valorisée. Prenons un exemple en recrutement :

– Êtes-vous persévérant ? demande le recruteur
– Oh oui, répond le candidat, je déteste abandonner !

« Je déteste » a une force qui sonne juste à nos oreilles. A l’inverse, nous avons du mal à valoriser ce que nous faisons avec plaisir et facilité. C’est pourtant la force de la motivation primaire qui produit une énergie durable et donc des performances accrues.

Comment ça marche, me direz-vous ? Laissez-moi vous citer l’exemple de Béatrix. Elle avait de gros problèmes de management. Elle manquait de confiance en elle et dans ses collaborateurs, contrôlait tout, ne lâchait rien. Sa passion était la plongée sous-marine. Elle avait du mal à valoriser la plongée, c’était si agréable, si facile ! En l’interrogeant sur le plaisir que lui procurait la plongée elle m’a tout de suite répondu :

« la plongée procure une confiance absolue. On ne peut pas communiquer oralement, ça veut dire qu’on dépend tous les uns des autres ».

Elle a réussi à transposer ce process dans sa communication managériale et elle a réalisé qu’il lui était facile de lâcher prise et de faire confiance si elle considérait sa relation avec ses collaborateurs sur le même plan que l’instructeur de plongée avec ses élèves. Depuis qu’elle « plonge » avec son équipe, elle a retrouvé sa confiance et du plaisir dans son travail.

Et vous ? Qu’aimez-vous faire par plaisir, sans besoin de résultat, de reconnaissance ou de récompense ? De quels talents êtes-vous doué pour réussir ce que vous faites naturellement, par plaisir ? Comment pouvez-vous transposer ces talents en compétences utiles dans votre vie professionnelle ? Le plaisir est une source d’énergie, de liberté et de potentialité. Pensez-y pour vous, pensez-y pour vos collaborateurs, demandez toujours en entretien annuel « qu’est-ce qui vous fait le plus plaisir dans votre travail ». Si vous connaissez les motivations primaires de vos collaborateurs, vous pourrez les aider à s’améliorer sur de nombreux plans, sans douleur et efficacement.

Dans la vie, nous ne pouvons pas toujours faire ce qui nous plait, mais nous pouvons mettre du plaisir dans la plupart de nos actions !

(1)Jacques Fradin, chercheur en neuro sciences et psychiatre est notamment l’auteur de « Manager selon les personnalités »

photo sous licence creative commons – auteur : b1ue5ky

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