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La particularité du concept de la qualité de vie au travail est qu’il ne fait pas l’objet en France d’une description normée et unifiée. Par ailleurs, il cohabite avec d’autres concepts voisins tels que le bien être au travail, mieux être au travail,… Voici trois éclairages sur ce concept.

Trois éclairages sont donnés ci-dessous pour comprendre le concept de qualité de vie au travail :

  • celui de l’Agence Nationale d’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT), fondateur de la semaine de la qualité de vie au travail
  • celui de deux chercheurs de l’Université du Québec à Montréal, les professeurs DUPUIS et MARTEL
  • celui de Novéquilibres

La qualité de vie au travail vue l’ANACT

L’ANACT, dans son numéro de mai/juin 2007 de « Travail et Changement » donne 6 facteurs clés déterminants à propos de la qualité de vie au travail :

  • les relations sociales et de travail,
  • le contenu du travail,
  • l’environnement physique de travail,
  • l’organisation du travail,
  • la réalisation et le développement professionnel,
  • la conciliation entre vie professionnelle et vie privée.

Toujours selon l’ANACT, la promotion de la qualité de vie au travail passe par le postulat et les
actions suivantes :

  • « Un choix de société, qui implique les salariés et les dirigeants des entreprises, les partenaires sociaux, l’État et les collectivités territoriales à tous les niveaux.
  • Analyser, comprendre le travail et agir pour le transformer.
  • Encourager toutes les initiatives qui contribuent au développement des compétences, à l’évolution professionnelle et au bien-être au travail
  • Agir pour que le travail favorise l’épanouissement physique, psychique et intellectuel des individus.
  • Faire que le travail soit un espace d’intégration y compris pour les moins aptes et les plus fragiles, et un espace de justice sociale.
  • Faire que chacun trouve sa place au travail et que le travail garde sa place parmi les autres activités humaines. »

La qualité de vie au travail par les professeurs MARTEL et DUPUIS (Université du Québec à Montréal)

Ces deux chercheurs québécois ont proposé en 2004 la définition suivante :

« La qualité de vie au travail, à un temps donné, correspond au niveau atteint par l’individu dans la poursuite dynamique de ses buts hiérarchisés à l’intérieur des domaines de son travail où la réduction de l’écart séparant l’individu de ses objectifs se traduit par un impact positif sur la qualité de vie générale de l’individu, sur la performance organisationnelle et, par conséquent, sur le fonctionnement global de la société. »

L’éclairage de laqvt.fr et Novéquilibres

L’équipe éditoriale de laqvt.fr et Novéquilibres vous proposent quelques idées pour évoquer le concept de qualité de vie au travail.

  • Au niveau individuel, c’est une question de perception : deux personnes face aux mêmes conditions de travail n’auront pas le même ressenti. C’est donc la perception d’un individu face à ses conditions de travail objectives en lien avec les autres sphères de sa vie et son histoire personnelle; en référence à la définition précédente, elle peut se mesurer comme étant un écart entre les buts recherchés et la situation actuelle rencontrée. En tenant compte de la dynamique de rapprochement ou d’éloignement par rapport aux buts. Ces buts étant hiérarchisés.
  • Au niveau collectif, il s’agit de dimensions objectives telles que : les conditions de travail, l’organisation du travail, les relations sociales, la préservation de la santé et de la sécurité des individus, les possibilités de réalisation et de développement professionnel, les conditions permettant la conciliation avec la vie personnelle, …
  • L’amélioration de la QVT ne se réduit pas à la dimension objective. Il est impératif d’explorer et d’agir sur les deux dimensions objectif & subjective.
  • C’est une juste articulation entre la responsabilité individuelle et les responsabilités collectives (projet, équipe, service, entreprise, branche professionnelle, législateur, Etat, …) qui donne de l’efficacité à l’amélioration de la QVT. La QVT part de chacun de nous; la QVT ne se décrète pas, elle se co construit.
  • S’intéresser à la qualité de vie au travail, vouloir l’améliorer, ne procède pas d’une action coup de poing isolée dans le temps.
  • Au contraire, cela procède d’une démarche durable. D’où l’importance de prendre régulièrement le pouls de la qualité de vie au travail dans une organisation. Cela procède à la fois de l’examen des conditions de travail (dimension objective) et du ressenti individuel et collectif (dimension subjective). Le résultat de cet examen permet d’identifier des axes d’amélioration sur les conditions de travail et sur l’ambiance, avec une composante de communication tout à fait déterminante.
  • La qualité de vie au travail n’est pas antinomique avec la performance et l’efficacité. Pour être durable, elle se doit d’être envisagée et réfléchie en lien avec la performance durable de l’entreprise (organisation au sens large). En réalité, la QVT est un levier de l’efficacité individuelle et collective.
  • Il n’y a pas lieu d’opposer les actions QVT sur la périphérie du travail et les actions QVT au cœur du travail. Elles sont complémentaires et méritent d’être conjuguées. Néanmoins, les parties prenantes doivent avoir de la vigilance à ne pas assimiler la QVT ou à la réduire à des actions à faciliter la vie quotidienne des salariés, en excluant la dimension du travail et de l’organisation du travail.
  • L’amélioration de la qualité de vie au travail c’est aussi une façon de revisiter, de réinterroger le travail dans une organisation.
  • La coopération est un levier de l’amélioration de la QVT. Elle nécessite 3 préalables :
    • se donner du temps pour la réflexivité et l’action. Ce qui nécessite de sortir du mode de l’urgence qui fait considérer ce sujet comme secondaire et donc non investi.
    • l’appropriation par chacune et chacun, en commençant par les acteurs qui initient et soutiennent  le mouvement (dirigeant, fonction RH, IRP, médecine du travail, préventeurs, CHSCT, managers, …). On entend ici appropriation par compréhension du concept, des enjeux, des leviers et des freins et par le fait de prendre soin de sa propre QVT
    • l’attention réciproque qui pourrait se résumer par la question symétrique suivante :  » Quel changement dans ma façon de travailler ou dans ma façon de vivre au travail pourrait te faciliter ton travail ou ta vie au travail ? »
  • La qualité de vie au travail est aussi une manière d’aborder les problématiques de risques psychosociaux (RPS), de stress au travail et de souffrance au travail.
  • La QVT fait partie d’un ensemble plus vaste : la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE). La QVT ne se joue pas entre les murs étroits de l’organisation mais bien en lien avec toutes ses parties prenantes.

Pour plus d’information sur le concept, vous pouvez télécharger la 2ème édition du Livre blanc sur la QVT publié par l’équipe Novéquilibres.

photo sous licence creative commons – auteur : Alain Bachellier

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  1. […] ou de branche sera conclu pour une durée de 3 ans. Délimitation des champs de la QVT. Le concept de qualité de vie au travail. La particularité du concept de la qualité de vie au travail est qu’il ne fait pas l’objet en […]

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