Novéquilibres : Le petit bonheur d'Amélie

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Parmi les personnes qui m’ont dit plusieurs fois « je ne vous ai pas oubliée pour témoigner de ma qualité de vie au travail », Amélie m’a gratifiée, entre deux turbulences, d’une véritable rafale de petits bonheurs au travail! Puis nous avons choisi de développer l’expérience d’un aspect comportemental très utile pour améliorer sa qualité de vie au travail, et qui consiste en une expression non violente mais persévérante envers et contre toute compromission.

Petits bonheurs en rafale

Je suis confuse pour le temps que je mets à répondre… Je suis un peu déboussolée en ce moment… Une vraie girouette ! Voici mes petits bonheurs au travail :

  • Apporter des croissants, pains au chocolat, chaussons aux pommes et chouquettes pour le bureau le matin. Et au fur et à mesure acheter le déjeuner en fonction des goûts de chacun.
  • Faire des cachettes à chocolat pour les coups durs !
  • Aller au restaurant à midi avec des collègues que l’on aime bien.
  • Faire un pique-nique avec les collègues ou/et apporter un repas à partager (taboulé par exemple)
  • Organiser une exposition en nocturne après le boulot avec les stagiaires.
  • S’écrire des blagues et s’envoyer des images rigolotes par messagerie instantanée pour prendre de la distance.
  • Être gratifiée !! Des « Bravo ! » ou des phrases du type « On va y arriver », « je vous laisse gérer »
  • Embaucher des personnes, décider moi-même du profil qui convient et mener l’entretien
  • Présenter son activité à des entreprises à l’extérieur et faire des rencontres professionnelles intéressantes
  • Rigoler et avoir beaucoup d’autodérison avec les collègues-amis
  • Donner des surnoms aux collègues selon leur personnalité
  • Après de grosses pressions et injustices, arriver à exprimer son désaccord intelligemment
  • Quand on est fauchés avec les collègues-amis, apporter chacun des aliments et composer une salade maison
  • Goûter un peu du dessert de chacun
Coresponsabilités

J’étais assez bluffée par sa vision si positive de son environnement de travail. Amélie s’est alors esclaffée : « c’est à chacun de se créer du bonheur au travail(1) !! ».

D’un tempérament convivial et généreux, Amélie a pourtant une vie professionnelle classiquement parsemée de difficultés, étant la seule experte dans son domaine au sein d’un secteur exigeant.

Mais il est vrai que pour ne pas perdre le nord, son sens de l’humour, son esprit collectif et l’intérêt qu’elle porte à certains aspects de son métier lui sont d’une grande utilité. Cela lui donne des ailes pour

  • prendre des initiatives professionnelles (une évolution facilitée par un parcours astucieux guidé par un objectif motivant, une autonomie croissante dans son domaine)
  • comme sociales (une convivialité inclusive à tout crin),
  • aménager des soupapes virtuelles mais efficaces (par l’humour, la complicité, l’autodérision et l’assertivité) lorsque les vents tourbillonnent,
  • s’attacher également à apprécier la confiance et la reconnaissance qu’on lui témoigne, ce qui lui confère une certaine assurance tant en interne qu’en externe.

Orage dans l’openspace

Le vent retombé, Amélie a choisi de partager une expérience forte qui lui a procuré une grande satisfaction, de la fierté, et le respect de sa hiérarchie.

Un matin, je suis en pleine discussion avec un collègue, quand soudain je perçois mon nom au milieu d’un dialogue quelque peu exacerbé à l’autre bout de l’open space. Je reconnais la voix de Martinette, ma responsable hiérarchique. Un peu inquiète (Martinette n’est pas commode), je m’approche des deux interlocuteurs, je suis visiblement concernée.

En effet, lorsque j’arrive à leur niveau, Benoît, un utilisateur de mes services, me demande de justifier, sur un dossier que j’avais pris en charge, un choix professionnel que lui désapprouve. Devant le mécontentement de Benoît, Martinette renchérit en haussant le ton, attirant les derniers regards du plateau sur nous. Interloquée et vexée, j’explicite d’un ton ferme le fondement de l’initiative qui m’est reprochée. Chacun comprend qu’elle est professionnellement incontestable.

Je pense être dédouanée quand Benoît expose une objection, sur la base d’une information que j’ignorais. Après un court moment de réflexion, j’ai le malheur d’exprimer – sincèrement – que cette information ne remet pas en cause l’option que j’ai prise. J’explique pourquoi.

Martinette s’offusque alors bruyamment de ma prétendue insolence. Les bras m’en tombent. Je ne suis plus du tout impressionnée. J’en ai assez.

Beaucoup plus calme, je réponds que je n’ai fait que donner un retour professionnel à une question qui m’a été posée, que j’ai par ailleurs traité le dossier selon les directives que j’ai eues, et que rien n’empêche de faire une action complémentaire pour prendre en compte l’information nouvelle… mais sans impacter le dossier en question que je ne peux me résoudre(2) à dégrader.

Martinette s’époumonne et me convoque – enfin – dans son bureau.

J’ai beau être sûre de mon fait, ce sketch désespérant a raison de mes nerfs. Une crise de larme en cachette plus tard, je me rends dans le bureau de Martinette. Elle me reproche en substance mon insubordination, mais entre ses quatre murs, je peux enfin lui dire le fond de ma pensée :

Un vent de communication non violente

« Je considère que nous faisons partie d’une équipe, je suis l’experte opérationnelle, et vous êtes ma responsable. Quand vous vous associez à la critique publique d’un des utilisateurs de notre service remettant en cause ma compétence, je me sens discréditée et humiliée. En cas de litige – ou d’erreur, ça peut m’arriver – j’ai besoin de me sentir soutenue par ma hiérarchie. En cas d’insatisfaction d’un utilisateur, je m’attends à ce que ma responsable calme le jeu, s’enquière des éléments de désaccord, fasse un point avec les personnes concernées dans l’équipe, puis revienne vers l’utilisateur pour lui présenter une réponse professionnellement satisfaisante compte tenu de toutes les contraintes. Vous comprenez ? »

Martinette a eu l’air convaincue… du moins pendant un certain temps ! Néanmoins, j’étais vraiment heureuse d’avoir réussi à m’exprimer, de ne pas avoir cédé à la peur(3) malgré cette expérience pour le moins désagréable ! Et surtout, je n’ai pas lâché quant à mon savoir faire : je suis restée professionnellement intègre, et ça c’est très important pour moi.

Si vous souhaitez partager vos expériences positives, n’hésitez pas à adresser vos contributions à, titrées « Bourse aux petits bonheurs au travail ».

(1) Olivier Hoeffel n’aurait pas eu de mal à convaincre Amélie qu’être heureux, ça se travaille !
(2) J’ai évoqué cette capacité à savoir dire non dans Ni oui ni non
(3) … la peur qui peut inhiber l’action comme l’explique Caroline Rome dans C’est comme ça

photo sous licence creative commons – auteur : jacilluch

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