Novéquilibres : Le petit bonheur d'Aurore

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Pour envisager la qualité de vie au travail, il faut déjà avoir un travail entend-on objecter régulièrement au regard de l’état de l’emploi et des chiffres du chômage. À laqvt.fr et à Novéquilibres, nous avons le respect de tout type de travail. Les chercheurs d’emploi(1), les bénévoles, les parents au foyer, les écoliers jusqu’aux étudiants en stage sont concernés au même titre que les salariés ou tout type d’entrepreneurs. Voici le témoignage d’Aurore, qui montre que la qualité de vie au travail gagne à s’envisager de manière partagée en amont de la concrétisation d’un emploi.

Premier emploi

Le premier petit bonheur m’est venu à l’esprit, c’était au sujet de mon premier « vrai » travail. C’est une émotion positive en plusieurs étapes.

Vive le réseau !

Afin de valider mon DUT, j’ai passé trois mois de stage dans une coopérative à Dunkerque. Je l’ai trouvé in extremis par une amie de ma soeur qui y travaillait. Le stage s’est très bien passé. D’abord, les cinq personnes de l’équipe se sont montrées très sympathiques, ce qui m’a aidé à me sentir à l’aise (ce n’était pas gagné : je suis très timide !). Ensuite, ça a été très formateur.

Autonomie progressive

J’ai commencé doucement : accueil, archivage, photocopies et divers classements. Au fur et à mesure mais rapidement quand-même, j’ai eu plus de responsabilités : remise de chèque/espèce, émission de factures… j’étais très surprise, je ne pensais pas qu’ils me feraient suffisamment confiance pour me laisser traiter des espèces et les factures. Les conséquences en cas d’erreur me terrorisaient, du coup je recomptais et vérifiais tout 3 fois… et je les trouvais un peu fous de me laisser autant de « liberté », j’étais totalement autonome dans le travail. Et il y en avait, du travail !

Bien faire son travail

Je me souviens d’une anecdote : Excel s’était bloqué et j’étais complètement paniquée à l’idée d’avoir supprimé des macros et endommagé le fichier. En fait, c’était juste que j’avais fait trop de factures d’un seul coup… Il fallait juste fermer puis rouvrir le fichier.
En y repensant, ce n’est pas vraiment les erreurs que je pouvais faire qui m’effrayaient, je voulais juste ne pas les décevoir ou gâcher leur travail.

Prise de confiance

Au bout d’un mois, l’ultime défi est arrivé… ma responsable de stage est partie en congé. Je me suis sentie « toute seule » car je restais souvent à proximité d’elle (pour ne pas dire accrochée à elle), je n’osais pas trop me déplacer dans les locaux.
J’ai repris entièrement son poste d’assistante durant cette période. C’est à ce moment-là que, pour reprendre les mots d’une collègue, « je me suis épanouie » et que j’ai réellement intégré l’équipe et la coopérative car du coup, j’étais en lien direct avec les entrepreneurs et la direction(2).

L’information circule

Ma responsable de stage m’a recontactée moins d’un an après. Elle libérait son poste et m’informait de l’opportunité qui s’ouvrait. C’était déjà sympa de sa part ! Ce qui m’a motivée, c’était le souvenir des membres de l’équipe et l’ambiance générale de la coopérative. En plus, je connaissais déjà le poste et je savais que je pouvais l’assumer.

J’ai envoyé mon CV et des membres de l’équipe m’ont appelée pour m’informer de leur soutien actif à ma candidature puisqu’ils travaillaient le « gérant au corps » (sic) pour que je sois prise ! Premier petit bonheur…
Lorsque l’entretien d’embauche est arrivé, j’étais très stressée, toute rouge ! Cela a commencé par « Tu commences lundi », suivi de plein de compliments sur le travail effectué durant mon stage, sur mon intégration à l’équipe et sur mon professionnalisme. Super gros bonheur !

      J’ai apprécié qu’ils se souviennent de moi.
      J’ai réalisé que je leur avais fait bonne impression.
    J’ai été heureuse de la confiance qu’ils m’avaient accordée jusqu’à concrétiser mon embauche.

Attention : un travail peut en cacher un autre

J’ai bien dit « Attention ». En effet, si chacun doit être attentif à la responsabilité qui lui incombe de faire son travail avec sérieux tout en soignant son relationnel, le collectif n’a pas moins sa responsabilité dans l’ambiance de travail, la reconnaissance du travail fourni, l’intégration de nouvelles personnes, et la communication des points positifs aux décideurs.

Si la qualité de l’engagement fait partie de la qualité de vie au travail, celui-ci se conjugue au pluriel.

L’évolution professionnelle fait partie de la qualité de vie au travail. Le premier emploi n’est pas le début du cheminement professionnel. L’expérience professionnelle commence par les petits boulots et bien sûr par les stages de plus en plus prisés dans le monde du travail. Aurore a fait preuve de sa capacité à s’intégrer dans un collectif de travail, tant dans l’aspect humain qu’en regard de ses compétences acquises, et à acquérir, accompagnée de la bienveillance de son entourage professionnel. Articulé à la confiance accordée par le manager à son équipe et à la confiance en cette nouvelle recrue, le mérite est partagé et légitime. Tout le monde y gagne.

…Et c’est en réalité tout l’historique de l’accès à ce premier emploi qui est spontanément relié à la demande de témoignage de bonheur au travail. La qualité de vie au travail, ce n’est pas la cerise sur le gâteau.

(1) Voir les articles concernant les demandeurs d’emploi et les bénévoles
(2) La coopérative en question est une Coopérative d’Activités et d’Emploi, dont les membres sont des entrepreneurs et des personnels administratifs et d’accompagnement dans le développement des activités des entrepreneurs.

photo sous licence creative commons – auteur : thomas lieser

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