La reconnaissance au travail … dans le bon sens

Novéquilibres : La reconnaissance au travail ... dans le bon sens
« La reconnaissance, oui mais dans quel sens ? » voici la question posée par le professeur Bossondur dans l’épisode N°7 des impertinences du professeur Bossondur. J’oserais la réponse : « dans le bon sens » et en poursuivant : « avec bon sens ».
J’ai assisté le jeudi 25 octobre 2012 à une table ronde dans le cadre de la semaine de la QVT sur la reconnaissance et la motivation organisée par la Communauté d’Agglomération Val de Bièvre avec l’intervention de Maroussia Krawec de l’ARACT IDF.


Avant de développer mon propos sur le bon sens à propos de la reconnaissance, je précise que l’ANACT s’est intéressée depuis plusieurs années à la reconnaissance au travail qui s’est concrétisée par la publication de l’ouvrage « La reconnaissance au travail » de Christelle Pierre et Christian Jouvenot. S’y ajoutent un dossier sur le site de l’ANACT, un outil d’intervention (le DPR – Diagnostic Performance Reconnaissance) et le format de sensibilisation auquel j’ai assisté ce jeudi, avec l’intervention dynamique et enlevée de Maroussia Krawec (reconnaissance à son attention pour être dans la congruence).

Le bon sens au niveau de la reconnaissance au travail se joue, à mon sens, à plusieurs niveaux :

  1. Le registre du temps : la reconnaissance nécessite de prendre du temps pour connaître, à apprécier et en enfin exprimer la gratitude.
    L’accélération du temps transforme les trains omnibus en train sans arrêts. Les arrêts où pouvait s’exprimer la reconnaissance menacent de disparaître ; ces arrêts pour dire bonjour, pour aller au-delà du « ça va ? » en minimum syndical, pour exprimer le remerciement ou les félicitations pour le travail réalisé, pour fêter les résultats collectifs,…
    Donner du temps et desserrer l’étau de la pression du temps me paraît être une condition préalable au développement de la reconnaissance au travail.
  2. La reconnaissance à double sens : quand on évoque la reconnaissance en terme de dimension de la QVT, ou d’attente des individus dans l’organisation, il s’agit très souvent de la reconnaissance attendue.
    On envisage assez peu celle que tout un chacun peut aussi émettre, celle qui fait ressentir l’émotion de la gratitude, qui contribue au bonheur (un des enseignements de la psychologie positive) en apportant donc à la fois à l’émetteur et au destinataire. Ce double sens favorise par ailleurs un cercle vertueux de la reconnaissance.
  3. La reconnaissance n’est pas seulement qu’une question de rémunération : il y a quelques fois une assimilation faite entre reconnaissance et rémunération. De ce fait, à partir du moment où les marges de manoeuvre seraient étroites en terme d’augmentation de la rémunération, certains dirigeants estiment ne pas avoir de levier sur le sujet de la reconnaissance. Alors, voici la bonne nouvelle à leur attention : la reconnaissance se joue sur d’autres terrains dont certains tout simples qui se manifestent par des échanges : « bonjour », « merci », « bravo », « on a fait du bon boulot » et d’autres l’impactant à travers la communication, la participation, la convivialité, le sens du travail, l’intérêt du travail, la prise en compte des émotions (cf « Je sens, tu ressens, nous sommes … Remettre l’humain et ses émotions au coeur des entreprises et des administrations » rapport de la mission 2011 de la FNEP), …
  4. L’articulation entre responsabilité individuelle et collective : les fidèles visiteurs de laqvt.fr reconnaîtront (clin d’oeil) cette idée forte que nous portons au sein de Novéquilibres et qui se rapporte à la plupart des dimensions de la QVT.
    Améliorer la reconnaissance dans l’organisation, ce n’est pas seulement une question de responsabilité de l’organisation vis-à-vis des individus.
    La reconnaissance se joue aussi à travers les interactions entre les individus de l’organisation et chacun a son rôle à jouer.
    Par ailleurs, le sujet de la reconnaissance étant lié à celui de la motivation, c’est donc du bon sens que de considérer chacun avec ses propres attentes, en fonction en particulier de ses motivations au travail.

Le bon sens au service de la reconnaissance au travail permet de mettre l’amélioration de la reconnaissance au travail et de la QVT dans le bon sens.

photo sous licence creative commons – auteur : futuratlas.com

Olivier Hoeffel

Responsable éditorial de laqvt.fr Associé et responsable exécutif de Novéquilibres Associé de La Manufacture coopérative Auteur du blog lesverbesdubonheur.fr

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