Retour sur la conférence « Travailler peut rendre heureux et être heureux ça se travaille »

Novéquilibres : Retour sur la conférence
Olivier Hoeffel a proposé samedi 23 mars 2013 une nouvelle vision du travail et du bonheur au salon Vivre Autrement. Co-fondateur de Novéquilibres et de laqvt.fr, deux entités qu’il a grandement impulsées en transmettant ses convictions quant à une vision plus optimiste du travail. D’une part, en posant celui-ci avec détermination sur le socle de la qualité de vie (à rechercher, préserver, améliorer afin de limiter les risques psychosociaux), d’autre part en étendant le champ de recherche à celle du bonheur. A l’occasion de cette conférence, il a créé le blog lesverbesdubonheur.fr et une page facebook liée.

Le bonheur au travail ? Et puis quoi encore !

Il devient un lieu commun de pointer la mondialisation, la pression économique et même les progrès technologiques comme des facteurs aggravants pour les risques psychosociaux. Les dernières années ont en effet mis à jour des conséquences délétères sur le travail, et par conséquent sur les êtres humains qui travaillent. Un premier rebond de prise de conscience a enrayé en partie le déni des risques psychosociaux dans la sphère professionnelle.

Depuis deux ans, Novéquilibres envisage le problème en amont en pariant sur une vision plus préventive : il est possible de limiter la casse en investissant dans la qualité de vie au travail, et en éclairant les éléments déjà en place. En d’autres termes, bien sûr, il faut réparer les dommages humains mais faire également en sorte de les éviter dans l’avenir. Force est de constater que cette vision a fait son chemin(1). C’est le deuxième rebond. Il y a de quoi faire sur le premier comme sur le second.

La philosophie du bonheur n’est pas nouvelle(2), mais personne n’ose même l’évoquer dans le contexte travail. Pourtant, si la qualité de vie au travail est la farine du gâteau comme l’a présenté Bernard Salengro(3), le bonheur au travail ce n’est pas que la cerise sur le gâteau, c’est la conscience du gâteau lui-même !

Dans les quatre-vingt dix minutes qui lui étaient imparties, Olivier H. a disséminé en une animation ludique et fort congruente quelques graines de psychologie positive, dont les différents ingrédients dudit gâteau, les déterminants du bonheur :

  • 10% de contexte
  • 50 % de génétique
  • 40% d’investissement personnel

Qui l’eût cru ? Le premier déterminant pèse peu dans la balance. Tant mieux, car s’il n’est pas favorable, il semble que l’on puisse compter sur d’autres ingrédients pour prendre du plaisir à son travail et y trouver du sens.

Le deuxième déterminant ne dépend pas de nous, il peut aider à comprendre une tendance naturelle, mais l’essentiel est de prendre conscience et de privilégier ce qui est transformable.

Le dernier déterminant met en évidence la marge de manœuvre non négligeable qu’il appartient à chacun d’utiliser pour travailler à son bonheur. 40%, ce n’est pas rien ! Nous avons donc le choix entre la passivité avec les « je fais avec, c’est comme ça » jusqu’à la tendance à la victimisation, ou bien une construction autonome du bonheur au quotidien.

Être heureux, ça se travaille, mais comment ?

« Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple. »

Citant Jacques Prévert, Olivier H. a évoqué une notion qui lui tient à coeur, la contagion du bonheur. Donner l’exemple est généreux, mais être heureux influe tout simplement sur le bonheur de nos voisins, fussent-ils de bureau ! Au travail, la recherche du bonheur est de l’ordre de la responsabilité individuelle et collective.

S’appuyant notamment sur les recherches de Shawn Achor(4), il évoque quelques moyens d’action sur notre bonheur :

  • Cultiver l’énergie d’activation pour mettre en place un processus de bonnes habitudes, et donner l’impulsion pour agir vers le bonheur (c’est dur de commencer, après c’est plus facile…)
  • Mettre les bonnes habitudes sur un chemin de moindre résistance (faciles d’accès, à portée de main, visibles…)
  • Mettre les mauvaises habitudes sur un chemin de grande résistance (difficiles à atteindre, loin des yeux…)

Pour illustrer la notion de flux de Mihaly Csikszentmihalyi(5), tous les participants ont dû compter des fruits, qui des bananes, qui des pommes, qui des oranges, sur une succession de diapositives. Activité ludique qui a mis manifestement les participants dans le flux, et en particulier dans un état de concentration qui a donné l’occasion à l’animateur de s’offrir le bonheur et d’offrir le bonheur au public de se trouver gentiment berné.

Ce fut un grand bonheur que d’assister à cette conférence, une ouverture vers les possibles à portée d’envie, et le conférencier Olivier H étant visiblement heureux, l’assemblée en fut contaminée dans sa globalité.

Prenez-en de la graine … à cultiver sans modération, pour votre bonheur et celui de votre entourage.

 

Cet article a été rédigé en coopération par Céline Bou Sejean et Caroline Rome.

(1) comme le témoigne l’évolution de ce concept dans le monde socio-économique, et l’avis d’un grand patron lors d’un débat à la CFE-CGC en particulier le tout dernier point.

(2) voir le chapitre éponyme relatant les propos de Christophe André.

(3) voir notre retour sur le débat sur la QVT à la CFE CGC.

(4) Enseignant chercheur en psychologie positive à Harvard

(5) voir l’article « flux et reflux » par Novéquilibres le 28 mars dernier.

 

photo sous licence creative commons – auteur : Novéquilibres

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